Qui décide de nos lois ? (1ère partie)

Aujourd’hui je voudrais ouvrir une série d’articles sur la démocratie.

Nous allons plonger dans ses racines, faire un peu d’histoire mais surtout je vais vous raconter des anecdotes inédites de la réalité de tous les jours.

Lobbyisme, manipulation, jeu de pouvoir… je vais vous montrer la face sombre de la démocratie.

Il ne s’agit pas pour moi de faire du populisme crasseux et vous dire qu’ils « sont tous pourris ».

Non, je vais vous montrer que le jeu politique est complexe et qu’il a des conséquences économiques importantes.

Au final, je vous exposerai une solution qui pourrait améliorer les choses. Je me réjouis d’avance de vos remarques et de vos propres réflexions.

 

Qu’est-ce que la « démocratie » ?

 

Démocratie signifie « le pouvoir au peuple ».

La majorité des peuples du monde s’en réclame mais ils ne s’entendent pas sur son contour.

La raison en est simple : la définition du terme « démocratie » est vague et absolument pas fonctionnelle.

La démocratie est avant tout un idéal : celui de voir le peuple se diriger lui-même. Ça ne dit cependant rien ni de la manière ni de la matière de son pouvoir.

 

Durant les Lumières, les penseurs occidentaux s’affrontèrent pour savoir comment mettre en application cet idéal. Il y avait grand nombre de débats :

  • Le pouvoir démocratique doit-il être limité ?
  • Doit-on déléguer à des élus ou tout voter directement ?
  • Faut-il plutôt avoir des spécialistes reconnus pour chaque domaine ?
  • Faut-il un ou deux parlements ? Faut-il un président ?

Chaque pays, fort de sa propre histoire, arriva avec des solutions différentes.

On opta cependant pour des systèmes relativement similaires à travers tout l’Occident.

De manière résumée, les Etats de Droit démocratiques possèdent :

  • Une Constitution visant à limiter le pouvoir politique pour préserver les droits des individus et donner les règles du jeu de la politique.
  • Un Etat séparé en trois pouvoirs indépendants: le législatif, l’exécutif et le judiciaire afin d’éviter de concentrer le pouvoir en quelques mains.
  • Des élections pour choisir des personnes représentatives du peuple qui se consacreront à ces tâches gouvernementales.

Ces principes sont reconnus mais là aussi, derrière cette simple mécanique il y a une idéalisation du résultat.

L’objectif de ce système est donc d’avoir des hommes élus par le peuple (et donc sensé les représenter et penser à leur bien) qui débattent et réfléchissent aux lois nécessaires pour gérer les « biens publics » dont l’étendue est limitée par la Constitution.

Dans les faits… c’est un peu différent. Commençons par un exemple :

 

Sèche-main électrique ou papier ?

 

Dans nos démocraties, tout est devenu réglementé… jusqu’au sèche-main.

Prenons une question à l’apparence banale : les sèche-mains électriques, est-ce une bonne chose ?

Ça sera mon exemple, pas si fictif [1], pour expliquer le processus.

Vous verrez que la « démocratie » est plus une guerre de communication et de marketing de lobbyistes qu’une véritable gouvernance « pour le peuple et par le peuple ».

Déjà on peut se poser la question de « Pourquoi est-ce que nos politiciens débattent-ils de telles bêtises ? »

Premièrement parce que la Constitution ne limite que très partiellement le champ d’action du gouvernement. Les parlementaires ne peuvent certes pas vous imposer une religion… mais ils peuvent vous imposer un modèle de sèche-main.

Deuxièmement parce que des gros business se font concurrence et qu’il y a de grosses sommes en jeu… et donc ils vont tout faire pour transformer la moindre anecdote en débat politique.

Une loi en leur faveur, pour les protéger ou les promouvoir, et ce sont des énormes montants qui vont dans leurs poches.

Imaginez une simple taxe sur les sèche-mains électriques ou sur les serviettes papiers et c’est un acteur du marché qui empoche des millions et l’autre qui fait faillite.

Pour les entreprises, faire du lobbyisme est donc aussi important que vendre leur produit aux clients.

Souvent, un bon lobbyiste rapporte plus à son patron qu’un ingénieur qui améliore le produit. C’est pourquoi ces lobbyistes sont très bien payés…

 

Guerre médiatique

 

Pour convaincre un politicien, il faut savoir ce qui le convainc.

Un politicien a un intérêt : être élu et réélu.

Même s’il se bat pour une idéologie, utopie ou quelques valeurs, il sait qu’il doit affronter le vote du peuple. Il doit donc suivre une tendance présente, surfer sur les polémiques et se médiatiser… sinon il disparait.

Les lobbys doivent donc rendre leur « problématique » publiquement attractive et donc… médiatique.

C’est ici que les médias rentrent en jeu.

Eux, ils ont besoin de sensations !

Les lobbys réfléchissent donc à une série d’arguments qui pourrait intéresser les médias.

Pour rester dans mon exemple de sèche-main, si j’étais un lobby du papier (serviette en papier), mes pistes de réflexions ressembleraient à ça :

  • Environnement: Les sèche-mains électriques des restaurants utilisent autant d’électricité que 3 familles !
  • Hygiène: Les sèche-mains à air propulsé propagent des bactéries dans l’air ! Attention aux maladies !
  • Principe de précaution: Il n’est pas encore prouvé que cette machine n’est pas dangereuse pour la santé. Méfiez-vous de cette nouvelle technologie !
  • Complot : Les industries des sèche-mains électriques ont caché des effets secondaires : aucune recherche n’a été faite sur les ondes propagées.

Il s’agit ensuite de faire passer la « news » que vous avez sélectionnée aux médias (journaux, réseaux sociaux, …) avec quelques graphiques à la clé, une recherche qui appuie la thèse, etc…

Les gens commenceront à se poser des questions.

Le sujet fera la Une dans les journaux et la télévision pendant quelques instants.

C’est à ce moment-là que vous poussez une proposition de loi auprès des politiciens pour résoudre un problème… que vous avez vous-même créé et alimenté.

Les politiciens débâteront, vous aurez poussé quelques chiffres devant eux pour prouver « la dangerosité des sèche-mains électriques », une loi est votée… et vous empochez le fric.

Un investissement coûteux… mais rentable

Vous voyez ici, par cet exemple, qu’il n’y a pas besoin « d’acheter » les politiciens pour faire du lobbyisme. Du moins pas directement.

Convaincre par l’argent (corruption) est dangereux… et les politiciens ont souvent d’autres intérêts bien plus puissants.

Cet intérêt c’est avant tout le besoin d’être connu et reconnu.

Quoi qu’il en soit, tout ce travail coûte de l’argent… énormément d’argent. On estime les investissements des lobbys pour influencer l’Union Européenne à 1,5 milliard d’euros par année ! [2]

Croyez-moi, si les lobbys dépensent autant c’est parce que cet investissement rapporte.

 

 

La semaine prochaine je vous emmènerai à Bruxelles où nous allons discuter avec des observateurs de la vie politique européenne… et de son lobbyisme.

A la semaine prochaine !

 

A votre bonne fortune,
Frédéric Duval

 

 

Sources :

 

[1] https://www.contrepoints.org/2017/11/17/303323-seche-mains-collimateur-ecolos

[2] https://www.liberation.fr/planete/2018/08/31/olivier-hoedeman-a-bruxelles-il-n-y-a-pas-d-equilibre-entre-lobbyistes-du-prive-et-de-l-interet-publ_1675856

 





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