Taxer, c’est bon pour la santé !

 

Le Colbertisme est une tradition malheureuse de notre pays.

Si la France est en avance dans un domaine, c’est bien celui de la taxation.

L’Etat français est même l’inventeur de la fameuse TVA ! Aujourd’hui, c’est le principal revenu des Etats de la quasi-totalité des pays occidentaux.

Fantastique succès pour une invention qui ne date que de 1954 (et réellement appliquée dans sa forme actuelle qu’à partir de 1967 !)

Colbert avait cette phrase magnifique qui explique toute notre politique fiscale :

« L’art de taxer est de réussir à plumer l’oie sans la faire crier ».

Afin de maintenir le niveau de dépense de la cour du Roi Soleil, ce bon vieux Colbert mit en place une politique fiscale basée sur la multiplication des petites taxes.

Les historiens s’accordent à dire que c’était un facteur crucial de déclenchement de la Révolution… ce qui entache un peu le mérite des belles philosophies des Lumières.

La France a-t-elle changée ? Fait-on des taxes pour payer des biens publics … ou pour payer les dépenses somptueuses de la cour des rois ?

Si je vous parle de ça c’est parce qu’aujourd’hui on parle de créer une taxe sur le sel et que j’ai vu cela sur France 2 : Voir la vidéo ici

Je le savais déjà, mais entendre le plumeur national (une sorte de Colbert moderne !) le dire ouvertement a quelque chose de terrorisant :

Car ils n’ont même pas honte de l’avouer !

Pour trouver de l’argent, il s’agit de trouver une cause qui pourrait emporter le cœur du public… même si factuellement c’est une mauvaise mesure.

Actuellement, la tendance est de taxer le mauvais comportement : manger trop gras, sucré, salé, fumer, jouer au casino, etc.

Les gens acceptent ces mesures paternalistes car elles sont pétries de bonnes intentions.

Comme vous le savez, les bonnes intentions sont les pavés qui tracent la route vers notre enfer…et bien souvent cachent des intentions peu louables.

Vous pensez que le but de la taxe soda est de réduire l’obésité ?

Désolé de vous décevoir mais la réalité est que cette taxe :

  • Fait monter les prix.
  • Touche surtout les plus pauvres (car marginalement ce sont ceux qui dépensent le plus gros pourcentage de leur salaire sur les biens alimentaires).
  • Créé des coûts bureaucratiques supplémentaires pour l’Etat et les entreprises privées.
  • Pousse les gens à acheter dans un pays étranger ou à créer du marché noir.

Sur ce dernier point, ça peut porter à sourire de penser qu’on pourrait faire du marché noir de Nutella ou de Coca-cola … et pourtant ce sont des choses qui arrivent dans d’autres pays.

On est aussi totalement dans le domaine de l’arbitraire car s’il faut taxer le sucre… pourquoi ne pas taxer les pâtisseries, les yaourts, le pain ou le riz ?

Essayez seulement de manger uniquement des pâtes, des desserts et de la pizza et vous serez aussi obèse qu’une personne qui boit des litres de coca chaque jour.

En réalité, c’est complètement incohérent de taxer uniquement des sodas… il y a du sucre dans quantité d’autres aliments mais aucun parlementaire n’oserait taxer les desserts et les pâtisseries… pour le moment.

Alors POURQUOI le législateur ne taxe que les sodas ?

On en revient à Colbert : car les oies que nous sommes ne hurlent pas lorsqu’on taxe Coca-Cola et Sprite mais descendent dans la rue si on taxe le pâtissier du coin ou le fabricant de Kouign Aman breton.

On choisit la cible à taxer car il n’y a pas de résistance dans la population pour cette cible-là.

L’essai danois

 

Le Danemark a été l’un des premiers à mettre en place une taxe mais … sur le gras !

Cette taxe a été vendue au grand public comme une taxe sur les burgers et les frites, etc…

Les politiciens danois voulaient spécifiquement que cette taxe ne soit pas à importance fiscale (afin de ne pas pénaliser les bas revenus) mais uniquement pour la santé publique.

Ils ont également voulu faire une taxe cohérente et ont listé quels gras ils voulaient taxer.

Bref on est loin du cas de la France : la politique danoise se voulait intelligente et réfléchie.

Le résultat a été lamentable !

Les coûts de mise en place du système ont explosé. Il était très problématique d’identifier tous les produits et de calculer le pourcentage soumis à la taxe.

Les danois se sont également reportés sur d’autres produits tout aussi nuisible et les achats dans l’Allemagne frontalière ont drastiquement augmenté.

Pire : après quelques mois la consommation des produits gras était revenue à la normale.

Après 15 mois, devant l’échec patent de la mesure, les politiciens danois décidèrent de supprimer la taxe.

Déresponsabilisation démocratique

 

Il est dangereux de confier à la politique le soin de veiller à notre alimentation et à notre santé.

Leur souci principal est de s’assurer de notre complaisance.

Tout le système qu’ils ont mis en place est complètement indécent et sans aucune cohérence !

D’un côté on subventionne la culture de betteraves sucrières et de l’autre on veut taxer les produits sucrés (enfin… seulement ceux qui sont politiquement attaquables).

La seule cohérence qu’on constate n’est pas celle de la santé publique mais bien celle du calme public ! On achète les différents milieux et on s’assure de taxer là où ça ne hurlera pas.

Aujourd’hui, il est plus que nécessaire de prendre nous-même notre alimentation en main et de remettre en question les politiciens qui cherchent surtout à se faire réélire et à repousser le naufrage de leurs budgets.

Alors camarades oies, quand allons-nous nous mettre à hurler ?

 

Source :

https://www.thelancet.com/journals/lancet/article/PIIS0140-6736(18)31376-X/fulltext

https://www.capital.fr/economie-politique/sur-le-modele-de-la-taxe-soda-des-deputes-veulent-instaurer-une-taxe-sur-le-sel-1304640

Denmark’s fat tax was a failure — but revisionists are trying to rewrite the story





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