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Nouveau film sur les écrans : La Fin de l’Euro

Si on sort de l’Euro, cela sera terrible.

« Un scénario catastrophe » selon le Huffington Post
« Une facture astronomique » selon Capital
« Un coût de 180 milliard d’euros et 500 000 emplois » selon le Figaro
« Des effets massifs et brutaux » selon France Infos

Le scenario est efficace et les effets spéciaux impressionnants.

Heureusement que les journalistes d’État et la foule des experts bien intentionnés sont là pour vous prévenir et vous éviter le pire.

Le sujet habituellement ne les intéresse pas tant. Mais là, nous sommes en campagne présidentielle. Sous couvert d’économie, ce qui les intéresse en fait c’est la politique: ils vous camouflent le vieil argument du « barrage aux extrêmes ». Ce n’est pas de l’économie, c’est de la propagande.

Mettons la politique de côté et regardons les conséquences économiques d’une sortie de l’Euro.

Combien ça coûte ?

C’est l’argument marteau de la presse conventionnelle : cela va nous coûter si cher que l’éventuel remède sera à coup sûr pire que le mal.

En cause : Si la France sort de l’Euro, le nouveau Franc serait immédiatement dévalué, nous appauvrissant tous d’un coup.

Il faut être bien sûr de soi ou en mal de publicité pour avancer un chiffre sur le coût d’une sortie de l’Euro.

L’Institut Montaigne a osé : une sortie de l’Euro coûterait environ 180 milliards d’euros par an et à long terme… l’équivalent de dix millions de salaires au SMIC, tous les ans.

L’Institut Montaigne est un « think tank » créé par Claude Bébéar, un proche soutien d’Emmanuel Macron pour réconcilier compétitivité et cohésion sociale : bref c’est un organe de propagande.

Pour faire ce savant calcul, ces messieurs de l’Institut ont eu accès à un logiciel du ministère des finances au nom d’oiseau : « Mésange ».

C’est un logiciel de prévision à court terme mais qui n’empêche pas l’institut de faire des prévisions à long terme.

Surtout , C’est un logiciel qui calcule en euros. Mais si vous sortez de l’Euro vous ne comptez plus en euros, mais en francs.

C’est une méchante pirouette de l’étude : c’est comme si vous souhaitiez mesurer votre taille en kilogrammes ou que vous regardiez l’économie française d’aujourd’hui en comptant en dollars :

L’Euro a perdu 30% de sa valeur face au Dollar depuis 3 ans. En bref il s’est déjà passé entre l’Euro et le Dollar ce que prévoit l’Institut Montaigne en cas de sortie de l’Euro : une dévaluation importante, source de tous les maux.

En 2014, le PIB de la France était de 2141 milliards d’€ ou 2839 milliards de $.

En 2015, le PIB de la France était de 2181 milliards d’€ mais seulement 2419 milliards de $ à cause des variations de change.

En un an, le PIB de la France en dollars a chuté de 15%, soit bien plus que la chute de 9% de PIB à long terme du scenario catastrophe que prévoit l’Institut Montaigne.

Vous avez déjà vécu le drame annoncé par l’Institut en bien pire. Pourtant votre salaire n’a pas bougé, ni le prix de votre baguette de pain.

Le calcul de l’Institut Montaigne est une grosse bêtise (ou manipulation) qui ne veut rien dire du tout.

La vérité est qu’il n’existe aucun modèle qui permette d’approcher de près ou de loin le coût d’une sortie de l’Euro.

Si on sort de l’Euro, c’est la grande inconnue. Sortir de l’Euro, c’est comme une rupture amoureuse après 15 ans de vie commune. Vous ne savez pas de quoi demain sera fait.

C’est la question que les Grecs doivent se poser depuis 2010. Dans leur cas, ce que nous savons, c’est qui se passe en restant dans l’Euro.

 

À votre bonne fortune,

Olivier Perrin

À LIRE D’URGENCE SI VOUS AVEZ UNE ASSURANCE VIE, UN LIVRET D’ÉPARGNE OU UN PEU D’ARGENT SUR UN COMPTE EN BANQUE

Cher lecteur,

Il est bientôt une heure du matin, ce vendredi 9 juin 2016.

Il reste moins d’une trentaine de députés dans l’hémicycle pour la 3e session de la journée.

Le président de l’Assemblée Nationale fait adopter d’un coup 4 amendements.

« [Ce] sont des amendements de précision. » Tranche-t-il. Le ton est sec, nerveux. Il a presque coupé la parole à la députée Karine Berger.

Un des textes de lois les plus dangereux du XXIe siècle vient d’être passé. En pleine nuit et devant une assemblée vide.

Ce texte n’a pas été proposé par un groupe parlementaire mais par le rapporteur de la loi — c’est le gouvernement à la manoeuvre —. L’amendement n°1193 a été déposé quelques jours auparavant, sans justification, ni commentaire, parmi des milliers d’autres. La méthode est bien connue des parlementaires.

Qu’importe, noyé dans la masse, le passage en force a réussi. Et tant pis si le lendemain des dizaines de journaux et blogs rapportent la nouvelle avec anxiété, voire terreur pour certains. le plus dur est fait …

Ces « mesures extraordinairement puissantes » ont été votées. Elles sont ratifiées au Sénat quelques jours plus tard : la procédure d’urgence a été engagée par le gouvernement. À l’heure où j’écris ces lignes, elle devrait s’achever d’ici quelques jours avec la ratification finale par une commission mixte paritaire.

Et alors rentrera en vigueur L’article 21 bis de la loi relative à la transparence, à la lutte contre la corruption et à la modernisation de la vie économique, dites Sapin II, et qui stipule au sujet des contrats d’assurance vie —qui représentent 40% de l’épargne des français— que :

Le Haut Conseil de stabilité financière peut suspendre ou restreindre temporairement la libre disposition de tout ou partie des actifs ;

Suspendre, retarder ou limiter temporairement, pour tout ou partie du portefeuille, le paiement des valeurs de rachat, la faculté d’arbitrages ou le versement d’avances sur contrat ;

Comprenez ; d’ici quelques jours, les retraits de vos assurances-vie pourront être unilatéralement gelés, pour une période de 3 mois… renouvelable indéfiniment par le Haut conseil de stabilité financière… présidé par le ministre des finances, c’est-à-dire Michel Sapin.

Cela paraît trop gros me direz-vous.

Ces choses-là n’arrivent pas.

Ou alors si rarement.

La dernière fois en 1999 : c’était la faillite de la compagnie d’assurance Europavie. Elle avait lésée 7 000 épargnants de la moitié de leur capital. Créée par le frère de l’homme politique André Santini, Europavie avait bénéficié d’un agrément de complaisance de l’État.

Heureusement, le Fonds de Garantie des Assurances de Personnes a été créé depuis et couvre votre épargne à hauteur de 70 000€… Mais avec 428 millions € de réserve[1], cela aurait à peine suffit à couvrir les 7 000 épargnants d’Europavie.

Que ce serait-il passé lorsque Groupama est passé au bord de la faillite en 2012 ? Le groupe gérait à cette époque un portefeuille de près de 21 milliards € d’assurances-vie[2]. Le fond de garantie aurait couvert 2% de ces contrats.

L’étau se referme

Il n’est pas anodin que l’article 21 bis passe en procédure accélérée en ce moment même.

Les compagnies d’assurances sont dans une situation catastrophique.

Cette situation a d’ailleurs un précédent : le Japon de la fin des années 1990. C’était il y a moins de 20 ans et 7 compagnies d’assurance avaient fait faillite en l’espace de 4 ans coûtant  l’équivalent de 30 milliards d’euros  aux épargnants. En cause : les rendements garantis des contrats d’assurance-vie étaient devenus trop élevés par rapport à la conjoncture.

Il y a quelques jours, l’agence de notation Standard & Poors a publié une étude sur l’impact des taux négatifs sur le secteur de l’assurance. Même constat que pour le Japon de 1997, les compagnies d’assurance n’ont plus les moyens de rémunérer leur contrats d’assurance-vie.

Cela fait déjà deux ans que les assureurs puisent dans leurs réservent pour servir des taux d’intérêt supérieurs au rendement réel de leurs avoirs.

À ce rythme, il faudra à peine 2 ans pour qu’ils arrivent au seuil des intérêts garantis : en moyenne autour de 1%. Il s seront alors piégés en plus de faire face à la concurrence d’autres placements plus attractifs.

La conclusion de Standard & Poors est sans appel : sans remontée des taux, le secteur entier sera en faillite d’ici 2 ou 3 ans maximum[3].

Une comparaison pour comprendre

On a souvent l’impression que la finance est un métier très compliqué. C’est est en partie vrai. C’est surtout très utile aux banquiers et assureurs qui ne veulent pas trop que vous mettiez le nez dans leurs affaire.

La réalité est que les banquiers est les assureurs sont des marchands comme des autres qui créent, achètent et vende un produit bien particulier : de l’argent.

Prenons l’exemple d’une voiture.

Placeriez-vous votre argent dans un loueur de voitures qui paierait ses clients pour utiliser ses véhicules. Comme s’il avait plus de voitures que de places dans son garage : à chaque location, il paierait un peu les clients pour éviter d’avoir à stocker la voiture.

Vous pensez bien que ce loueur ferait bientôt faillite. Et raisonnablement, vous n’investiriez jamais un sous dans son affaire. Et si vous aviez une voiture, vous ne la lui prêteriez jamais.

C’est exactement ce qui se passe avec votre contrat d’assurance-vie.

Votre assureur doit payer pour placer votre argent. Il n’a pas de moyen de se rémunérer…. La faillite est inéluctable.

Et même si les taux remontent : le filet se referme

Il faut donc que les taux remontent, me direz-vous.

Sans parler des problèmes que cela poserait, notamment pour le financement de l’État et des collectivités, cela serait aussi une mauvaise nouvelle pour les assureurs.

Les avoirs des Fonds Euro ont en effet été placé dans des obligations d’État de long terme, à très faible rendement, et en cas de remontée des taux, ils ne pourraient servir un intérêt reflétant cette embellie… et il y aurait un risque fort que de nombreux épargnants transfèrent leurs avoirs vers d’autres placements plus rentables…. Et là encore, c’est la banqueroute pour de nombreuses compagnies d’assurance.

Dans tous les cas, le gel de votre assurance vie a été conçu pour être utilisé !

D’un côté vous avez des compagnies d’assurance exsangues, évoluant sur une ligne de crête de plus en plus resserrée et dangereuse.

De l’autre, des particuliers qui épargnent toujours plus en prévisions des années de vaches maigres : le mois de juillet a d’ailleurs été un record de collecte pour les assurances vie.

L’État a tranché. Il faut sauver les assureurs à votre dépend. Mais c’est un peu facile.

Une règle simple de l’investissement : le rendement est proportion du risque

Dans un système équilibré, le rendement d’un investissement est proportionnel à son risque.

Plus vous prenez de risque, plus le gain espéré sera élevé et inversement.

S’il apparaît un placement qui rémunère bien pour un risque faible, il attirera les épargnants et investisseurs. Un placement plus risqué devra donc être plus rémunérateur pour attirer les investisseurs.

Maintenir artificiellement un rendement plus élevé que le risque pose de nombreux problèmes à long terme.

C’est exactement ce qui se passe avec l’assurance vie placée en fonds euro (80% des assurances-vie). C’est un placement réputé 100% sûr, avec un taux garanti autour de 1% et qui produit une bonne rémunération par rapport à son risque.

Pendant longtemps, ce système a profité à l’État car ces fonds sont principalement placés en obligations d’État. Comprenez : en favorisant ces assurances vie, l’État s’assurait un client pour placer sa dette à peu de frais.

C’est ainsi que l’épargne des français s’est concentrée au fil des années dans les assurances vie en euro au dépend des actions d’entreprises ou d’autre produits d’épargne.

Malheureusement, la bonne rémunération de ces assurances vie est devenue complètement artificielle à cause de l’action vigoureuse de la Banque Centrale Européenne imposant des taux négatifs depuis plus de 2 ans et qui rachète même directement toutes les dettes que l’État peut émettre.

Alors même que l’épargne des particuliers s’est concentrée dans ces assurances-vie en euro, favorisées par l’État, qui n’en ayant plus besoin s’apprête à vous jeter comme une vieille chaussette.

Le procédé est plus que cavalier.

C’est pourquoi il n’est absolument pas fantaisiste de dire que nous sommes en train de vivre la fin des fonds en euro des assurances vie comme le titrait l’Express récemment[4].

Je n’ai qu’un conseil : dépêchez-vous d’en sortir !

Il n’y absolument aucune vertu morale ou collective à laisser vos avoirs plus longtemps. Les derniers informés paieront. C’est tout.

5 pistes pour placer votre argent

Malheureusement, comme c’est écrit en titre de ce message, les livrets d’épargne ou même votre compte courant ne sont probablement pas une bonne idée.

Les banques sont dans une situation plus préoccupante encore que les assureurs. De nombreux signes montrent que Deutsche Bank pourrait être un nouveau Lehman… à un détail prêt :  Lehman était une banque d’investissement uniquement. Deutsche Bank est aussi une banque de détail. Mais cela fera l’objet d’un prochain message.

Mais comprenez-moi bien, laissez vos économies sur un compte courant présente aujourd’hui des risques ! Soit elles seront taxées, soit votre banque fera faillite.

Je comprends que cela paraisse incroyable mais tel est le prix à payer face aux expérimentations monétaires actuelles (cel aussi j’y reviendrai).

L’idéal, comme toujours, est encore de diversifier vos investissements :

  • Gardez toujours un peu d’argent liquide chez vous (quelques milliers d’euros selon votre situation financière) ;
  • Si les investisseurs professionnels se chamaillent pour savoir si l’or est un placement ou non… Il se trouve que par les temps qui courent c’est en tout cas une assurance que de nombreux investisseurs expérimentés ont déjà prise (je suis en train de préparer un dossier pour acheter de l’or dans les meilleures conditions si vous n’en avez pas l’habitude) ;
  • Les nouvelles monnaies telles que le Bitcoin doivent aussi être envisagées ;
  • des investissements dans des objets qui « stockent » la valeur peuvent avoir un sens, surtout si vous avez une passion. Sachez que les planches de BD se vendent une fortune aujourd’hui, comme certains meubles vintage. Attention, toutefois, le vin est un placement très risqué à l’image des flacons qui peuvent toujours être bouchonnés après tout ;
  • Enfin de manière plus conventionnelle, envisagez aussi un contrat en assurance-vie… au Luxembourg. Vous bénéficierez des garanties luxembourgeoises bien plus solides qu’en France et de la fiscalité française.

Tous ces placements ne conviennent bien entendu pas à tout le monde. Ils ont chacun leur intérêts et leurs risques. J’y reviendrai dans cette chroniques dans les semaines qui viennent.

Likez la page si cela vous intéresse.

À votre bonne fortune,

Le petit économiste

 

 

[1] Au 31 décembre 2015, selon le rapport annuel du Fonds de Garantie des Assurance  de Personnes.

[2] Selon le rapport annuel 2011 de Groupama

[3] http://votreargent.lexpress.fr/assurance-vie/placements-l-inquietante-etude-de-standard-poor-s_1824020.html

[4] http://votreargent.lexpress.fr/assurance-vie/vers-la-mort-des-fonds-en-euros-de-l-assurance-vie_1804065.html

La Fable du bucheron et du boulanger ou Pourquoi l’argent crée la pauvreté

Il était une fois un bucheron et un boulanger.

Chaque jour le bucheron vendait ses fagots au boulanger pour 4 sous et le boulanger vendait en retour au bucheron du pain pour 4 sous aussi.

Vint un grand incendie qui détruisit la forêt où travaillait le bucheron. Le bucheron devait dorénavant marcher jusqu’à la forêt voisine et surtout en rapporter le bois sur ses épaules. Face à cette nouvelle difficulté, le bucheron rapportait dorénavant moitié moins de fagots.

Le bucheron et le boulanger se concertèrent bien ennuyés car le bucheron n’avait plus assez de fagots à vendre pour acheter son pain. Le boulanger, lui, perdait un client et en était fort gêné aussi.

Que faire se demandèrent-ils ?

– Il faut que tu achètes mon bois plus cher lui dit le bucheron, sans quoi je n’aurais plus assez à manger.

– Impossible lui répond le boulanger, je n’aurai plus de quoi acheter ma farine.

– Alors fabriquons ensemble une charrette pour aller chercher ton bois ou trouvons un remplacement : peut-être pouvons-nous cuire le pain avec un feu de tourbe.

Alors qu’ils se concertaient vint un économiste.

Il donna 4 sous au bucheron qui s’en trouva soulagé. Le bucheron pu alors acheter son pain au boulanger. Le boulanger, lui, se retrouvant avec 8 sous au lieu de 4 se trouvait bien plus riche et fort embêté de manquer de bois accepta alors d’acheter son bois plus cher.

Finalement, au lieu d’avoir fabriqué leur charrette ou trouvé une alternative au bois, le boulanger et le bûcheron, plus riches de 4 sous se retrouvent en fait plus pauvres d’un fagot par jour et dans la situation même qu’ils souhaitaient éviter.

Le surplus de monnaie, en donnant l’illusion de richesse à court terme bloque les investissements nécessaires pour ajuster offre et demande au lieu même de favoriser ces investissements comme il est communément admis.

Cette fable légère est de mon invention. Elle est bien sûr simpliste mais construite à partir des travaux sur la dynamique monétaire de l’économiste français Maurice Allais, elle illustre comment l’inflation rend plus pauvre en donnant d’abord l’illusion d’être plus riche.

Elle explique aussi en partie pourquoi les efforts gigantesques consentis par les les État et banques centrales depuis 2008 pour relancer l’économie se sont avérés contre-productifs.

Recevez, cher lecteur, l’expression de mes sentiments distingués,

Si cela vous intéresse — cliquez ici pour vous inscrire.

Demain, à 17h34

Vous regardez l’heure. Il est 17h34.

Une goutte de sueur se forme au bas de votre nuque.

La caissière vous regarde d’un air agacé. Vous insérez votre carte une troisième fois.

« Paiement refusé, » affiche l’écran. Derrière vous, quelqu’un émet un soupir exagéré.

Vous laissez vos courses et quittez le magasin, en vous excusant auprès de la caissière. Elle roule des yeux en passant au client suivant.

Pourtant, vous aviez assez de fonds dans votre compte. Pourquoi est-ce que la carte ne marche pas ?

Frustré, vous prenez votre téléphone afin d’appeler la banque. Vous allez leur demander des explications.

Mais au lieu de joindre une personne, vous entendez un message enregistré, bredouillé et incompréhensible. Vous n’en discernez même pas les mots… puis vous entendez un « click » et ça raccroche.

« Ça doit être une erreur à la banque, » pensez-vous. Ou bien un « bug » informatique.

Mais ce n’est pas une simple erreur, ou un problème de carte.

C’est le début d’une séquence d’événements qui va profondément changer votre façon de vivre.

Et selon mes informations, ce cauchemar pourrait devenir réalité à tout moment.

Mais je ne suis pas seul à le dire.
Paul Singer, qui gère plus de 27 milliards de dollars pour le fonds d’investissements Elliott Management, vient de révéler que nous étions « au bord de la plus grande bulle spéculative de l’histoire humaine. »

Comme il l’a expliqué dans un discours cette semaine, cette bulle spéculative touche le plus grand marché de la planète.

Je vous parle du marché de la dette.

Et l’éclatement de cette bulle entraînera des conséquences choquantes et désastreuses ici en France.

 

J’ai rédigé ce message afin de prévenir mes proches mais aussi le grand public d’un désastre économique qui s’approche – qui aura des conséquences sévères pour vous et des millions de personnes en France.

Et si les gérants de fonds milliardaires sont en train de se protéger contre ce désastre imminent, alors vous devez savoir de quoi il s’agit.

Si ce marché s’effondre, attendez-vous à des conséquences sévères et permanentes. La première d’entre elles : votre argent sera bloqué.

Littéralement: vous allez à la banque mais les portes sont fermées. Vous introduisez votre carte dans le distributeur et vous entrez votre code — mais l’argent ne sort pas.

Cela paraît extrême? Ça s’est déjà produit. En 2011 dans un autre pays de l’Union Européenne.

Les habitants ont entendu dans les infos qu’il y avait un « problème financier. » Mais c’était trop tard: les banques étaient déjà en train de fermer.

Cependant, les médias traditionnels ne parlent pas de ce grave danger.

Et pour l’instant, les politiciens ne s’en préoccupent pas… Ils sont bien plus intéressés par leur statut et leurs prochaines élections pour voir ce qui est en train d’arriver.

Ce n’est donc pas surprenant que la plupart des français ignorent ce que nous prévoyons à l’heure actuelle.

Pourtant, si vous savez où regarder, les signaux alarmistes sont en train de sonner.

Si vous êtes intéressé, j’ai décidé de rédiger une missive spéciale pour informer le grand public du danger qui approche…

C’est quelque chose de complètement nouveau. Et c’est complètement GRATUIT.

Si cela vous intéresse — cliquez ici pour vous inscrire.

Aurelie qui regarde ces factures

Que feriez-vous à la place d’Aurélie ?

Madame, Monsieur,

Chère amie, cher ami,

Aurélie a 27 ans. Elle habite Auxerre.

Aurélie est mariée, elle a 2 enfants. Son mari et elle travaillent et touchent chacun 1200€ par mois.

Une fois les factures réglées, la nounou payée, il leur reste en moyenne 30€ pour vivre.

Comment fait-on pour faire manger une famille de 4 personnes avec 1€ par jour ? Et pour les habiller ? Et les médicaments ? Les tickets de bus ?

Pourtant Aurélie et son mari sont considérés comme « riches » par leur Caisse d’Allocations Familiales.

Leur conseiller suggère à Aurélie d’arrêter son travail. Elle économiserait 700€ de nounou et la famille bénéficierait de nombreuses aides supplémentaires : ils gagneraient plus avec un seul salaire et les « allocs ».

Problème, Aurélie refuse d’arrêter de travailler.

Elle est fier de son travail, elle ne veut pas rester à la maison garder ses enfants.

Je ne lui jetterai pas la pierre.

 

Le dilemme d’Aurélie

Voici le choix qui se présente en substance à Aurélie :

  • Soit elle accepte d’être « travailleur pauvre » aujourd’hui en luttant avec son mari pour la subsistance de sa famille.
  • Soit elle prend le risque de devenir mère célibataire et de sombrer dans la grande pauvreté :

En France, un mariage sur trois débouche sur un divorce.

L’augmentation de la pauvreté en France, c’est d’abord pour les femmes : mères célibataires qui se retrouvent seules avec enfants à charges et l’impossibilité de trouver un travail et les veuves qui n’ont pas ou peu travaillé et se retrouvent sans ressource à la mort de leur mari.

Aurélie parle de fierté de travailler.

Son réflexe, surtout, est VITAL. Il s’agit de survie, pas de confort.

Ce que l’on demande à Aurélie aujourd’hui c’est de choisir entre la galère tout de suite ou l’horreur demain.

Je reproduis ci-dessous un long extrait d’un article du magazine Le Point publié en 2013 :

« Les femmes, si elles ont un travail, il faut qu’elles le gardent », martèle Danièle Admant, frêle et grisonnante Alsacienne de 53 ans. Elle-même a abandonné ses petits boulots pour élever ses cinq enfants, avant de se retrouver seule à 45 ans, en rupture familiale.

Sans qualifications, elle ne trouve pas d’emploi stable. « Trop vieille, poubelle », résume-t-elle. « On élève ses petits, mais la société ne nous accorde pas de reconnaissance », dit celle qui, avec 400 euros par mois, est coutumière des découverts.

Sa « misère » est aussi celle de près de la moitié des mères célibataires. 45% d’entre elles sont à découvert à la fin du mois révèle l’enquête Ipsos-SPF, contre 19% pour les femmes en général et 18% pour l’ensemble de la population.

Ces douze derniers mois, 62% des mères seules ont rencontré des difficultés à se procurer une alimentation saine et équilibrée (37% pour l’ensemble) et 61% pour payer leur loyer, un emprunt immobilier ou les charges de leur logement (36% pour l’ensemble). »

Aurélie a entamé une grève de la faim. Sur sa pancarte devant la mairie d’Auxerre est écrit : moins manger = économies.

Ce qu’Aurélie réclame, c’est de pouvoir vivre de son travail et une augmentation des aides de la CAF pour la garde de ses enfants.

En ces temps de disette budgétaire… Pas sûr qu’elle soit entendue.

Et pourtant…

Quel est l’intérêt de l’État ?

Tout le problème, c’est la garde des enfants. Elle coûte 1000€ par mois. En travaillant, Aurélie touche 300€ de subventions pour la garde de ses enfants. Il reste 700 euros à sa charge. Elle gagne 1200€ par mois : il lui reste 500€ une fois la garde payée.

Si Aurélie ne travaillait pas, elle n’aurait ni salaire, ni frais de garde mais toucherait environ 700€ d’aides diverses pour le logement etc… C’est plus que les 500€ qui lui restent en travaillant.

Du côté de l’État, Aurélie recevrait environ 400€ de plus si elle ne travaillait pas. L’État aurait donc intérêt à inciter Aurélie à garder son travail.

Mais bien sûr, Aurélie pique le travail de quelqu’un d’autre. Il vaut mieux qu’elle reste mère au foyer et qu’on donner le boulot à quelqu’un qui en a plus besoin… C’est la fameuse conception du marché du travail comme un gâteau dont il faudrait partager les parts selon tous ceux qui en veulent. C’est une grossièreté économique. Il y a 2 choses qui créent le travail : la richesse et les entrepreneurs.

Si Aurélie a été embauchée c’est que son employeur pense qu’elle est la mieux à même de faire le boulot… C’est elle qui créera le plus de richesse. Bien sûr cela ne change rien au niveau d’Aurélie. Au niveau d’un pays tout entier, cela change tout.

Mais les règles du jeu forcent Aurélie à arrêter de travailler… Donc l’État paie 400€ de plus que si Aurélie travaillait auquel s’ajoute encore le risque de déclassement d’Aurélie, si son mari « fout le camp ».

C’est un exemple très représentatif d’un moyen « d’économiser » de l’argent et un emploi qui en fait finalement payer plus à l’État tout en autant leur dignité aux gens et en détruisant des emplois.

C’est une fabrique à pauvres où tout le monde est perdant, un exemple du « monde de fou » dans lequel on vit.

Une première avancée serait donc d’augmenter les aides pour la garde d’enfants en espérant que cela fasse diminuer les aides sociales des familles dont seul un parent travaille.

Mais bien sûr c’est très compliqué et avec toutes ces règles différentes peut-être que quelqu’un d’autre à qui l’on n’avait pas pensé se retrouverait lésé… Peut-être qu’il y aurait des abus et que cela coûterait bien plus cher que prévu…

En fait, il y a un problème plus fondamental.

L’État n’est pas omniscient.

L’État ne peut pas faire des règlementations aussi contraignantes qui conviennent à la fois à Aurélie et à Pierre, Jennifer, Idriss, Myriam, Jean-Paul, Miguel et 65 millions de Français dont les situations varient autant que les couleurs de l’arc en ciel.

C’est un constat.

Peut-être Aurélie préfèrerait-elle travailler 39 ou 40h par semaine plutôt que d’aller faire le piquet devant la mairie d’Auxerre après sa semaine de 35h.

Peut-être Aurélie préfèrerait-elle travailler à son compte si les freins n’étaient aussi puissants, à la fois en terme d’imposition et de lourdeurs administratives.

Peut-être Aurélie préfèrait s’arranger directement avec la boulangerie qui l’emploie, si seulement son employeur avait la moindre marge de manœuvre ;

Peut-être qu’elle préfèrerait s’organiser avec ses voisins et les gens de son quartier pour la garde de ses enfants.

Le mari d’Aurélie est clerc de notaire : il pourrait dépanner un ami en échange d’un autre service.

Aurélie travaille 35h par semaine mais parfois tard le soir. Elle a du temps libre en journée et pourrait mettre ce temps à profit pour aider un proche ou un voisin en échange d’un autre service.

ATTENTION, cela créerait un échange non-monétisé sur lequel l’État ne pourrait prendre sa taxe.

Il y a de nombreux sites d’entraide qui se développent en ce moment-même : troctagarde.comsmiile.com, yakasaider.fr, allovoisins.com, bulbintown.com, accorderiez.fr

Mais l’essor de l’économie collaborative est en train d’être tué dans l’œuf par la nouvelle règlementation en vigueur depuis le 1er janvier et il est à craindre qu’elle n’est qu’une première étape avant un durcissement.

  • S’il y a le moindre échange d’argent, alors tout revenu doit-être déclaré, dès le premier euro, par la plateforme ou le site internet utilisé, ce qui va pousser au retour du troc forcé ;
  • S’il y a la moindre récurrence alors il y a risque que l’aide soit considérée comme une activité professionnelle avec tout les problèmes de règlementation et d’assurances afférents.

Bien sûrs toutes ces règles ont chacune un sens et cherche à protéger les uns et les autres des risques d’accidents ou de casse ou de fraude…

Mais l’accumulation fait à la fin un monde qui suffoque.

On en revient toujours à la loi qui oblige, contraint, force ou interdit jusqu’à l’absurdité.

 

Sans confiance rien ne marche.

Nous sommes dans une situation aujourd’hui où l’État ne fait plus confiance à personne. Dès que vous voulez faire quelque chose il faut remplir des dizaines de documents, répondre à des normes impossibles à respecter (demandez aux constructeurs de voitures), déclarer la moindre activité.

Mais nous ne faisons pas plus confiance à l’État ni à ceux qui nous gouvernent. Ça c’est gros comme le nez au milieu de la figure.

Sans confiance, comment voulez-vous que des gens créent leur entreprise, que les quartiers, les villages, vivent, s’entraident.

Le cas d’Aurélie n’est qu’un exemple de dysfonctionnement

Si vous avez d’autres exemples qui vous révoltent ou au contraire vous inspirent, s’il vous plaît écrivez-moi un message en retour de ce mail pour m’en parler. Je rassemblerai nos témoignage dans un prochain message.

À votre bonne fortune,

Olivier Perrin,

Le Vaillant petit économiste

magasin de voiture

Les conséquences économiques de l’Euro, ce « Deutsche Mark dissimulé »

C’est un hasard de calendrier.

Je vous ai envoyé mardi une lettre sur les distorsions de la zone Euro… Au moment-même où un proche conseiller de Donald Trump, Peter Navarro accusait l’Allemagne d’exploiter ses partenaires européens et les États-Unis avec un Deutsche Mark dissimulé.

Ce qui a été directement et abondamment relevé comme un mensonge politique est pourtant une vérité économique.

Le mensonge politique a été immédiatement relevé par Madame Merkel elle-même : « l’Allemagne est un pays qui a toujours plaidé pour que la Banque centrale européenne mène une politique indépendante, de la même façon que la Bundesbank en a mené une également quand il n’y avait pas encore l’euro ».

Mais ce qui est une grossièreté politique très efficace comme vous allez voir, est bel et bien une vérité sur le plan économique.

Jusqu’à lundi, l’euro avait perdu 30% de sa valeur face au dollar.

C’est-à-dire qu’une BMW série 3, la voiture de luxe la plus vendue au monde, produite en Allemagne et vendue aux États-Unis, a vu son coût de production diminuer de 30% par rapport aux constructeurs Américains.

Et cela, bien sûr, ne plaît pas au Président Trump et sa nouvelle administration.

Il se trouve que l’Euro a perdu 30% face au dollar, non pas à cause d’une volonté délibérée de l’Allemagne, mais à cause de l’interventionnisme massif de la BCE pour soutenir l’Italie et l’Espagne.

Les rachats massifs de dette par la BCE ont logiquement affaibli l’Euro.

Bien sûr, cet affaiblissement de l’Euro profite à l’Italie, l’Espagne ou la France.

Mais il profite bien plus encore à l’Allemagne qui exporte 2 fois plus de biens et services en valeur que le 2e pays exportateur de la zone Euro : l’Italie.

La situation serait très différente si nous étions encore au Franc et au Deutsche Mark : la monnaie allemande se verrait immédiatement et fortement ré-évaluée mettant un puissant coup de frein à ses exportations, notamment vers ses partenaires européens, tandis que le Franc, la Lire ou le Peso seraient fortement dévalués en sens inverse, stimulant l’économie locale et les exportations.

Bien sûr, tout produit d’importation deviendrait immédiatement beaucoup plus cher mais c’est littéralement le prix à payer pour permettre à nos économies locales de sortir de l’impasse.

C’est exemple que j’aime régulièrement citer : une BMW série 3 vaut le même prix qu’une Citroën C5.

En tant que consommateur, c’est une très bonne nouvelle, car pour le prix d’une voiture moyenne gamme vous avez un véhicule haut de gamme mais pour Citroën et ses employés, c’est une très mauvaise nouvelle.

Or ce n’est pas nécessairement que Citroën produit de moins bonnes voitures que BMW pour le même prix (je ne m’avancerais pas sur une conversation de « bagnoles ») mais les conditions ne sont pas les mêmes : marché du travail, coût de la vie, modèle social, accès au crédit…

C’est pourquoi, comme je le disais avant-hier, il va bien falloir :

  • Soit harmoniser les règles, accepter une véritable intégration du marché du travail, de la fiscalité, du modèle social et pour l’Allemagne accepter un transfert portant de richesse pour rééquilibrer les comptes.
  • Soit revenir aux monnaies nationales avec la crise que cela ne manquerait pas de déclencher.

Et soyons prévenus, si nous ne parvenons pas à choisir, il se pourrait bien que l’Amérique de Donald Trump nous force dans la voix qui l’arrange le mieux.

Une simple interview d’un membre de l’administration Trump a réussi à faire bondir l’Euro. Pendant que les politiques s’écrient, l’objectif américain est atteint : l’euro monte et le dollar baisse.

2017, il va falloir choisir, un président certes mais sans doute aussi une monnaie.

Le 2e choix aura probablement bien plus de conséquence sur votre quotidien que le premier.

À votre bonne fortune,

Olivier Perrin