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AnalyseEconomique

5 phrases qui vous font GAGNER

Il est 17h45.

Jérôme et son épouse sont assis sur de vieilles chaises d’un bleu sans âge depuis près de 2 heures.

Au milieu de ce décors de préfabriqué tombe le blanc haché d’un néon hors d’âge qui pique les yeux. La ventilation saccadée et bruyante n’apaise plus depuis longtemps la chaleur suffocante de cette petite pièce sans fenêtre. La plante verte, droite dans son pot et insensible au drame qui se noue, n’apporte pas plus de réconfort et seul cet homme, assis à son mauvais bureau face à eux, semble pouvoir les sauver de ce cauchemar fastidieux.

Le flot mélodieux et ininterrompu de ses paroles les porte vers l’issue fatidique.

Jérôme et son épouse sont à leur banque en train de négocier un prêt immobilier. Pour la première fois, ils n’ont pas été mis à la porte 10 minutes avant l’heure de fermeture officielle. Et pour cause :

Ils sont à ce moment de la vie où des dizaines de milliers d’euros se gagnent et se perdent en quelques secondes.

Alors qu’ils sont en position de force, un vendeur expérimenté jouent de toutes les ficelles psychologiques, des plus fines aux plus grossières pour tourner le jeu à leur avantage et les faire craquer.

Il est difficile d’imaginer à quel point l’espace de ces quelques secondes, au bout de deux heures d’un entretien interminable, peuvent influencer votre vie pendant 10, 15 ou même 20 ans.

C’est une nouvelle voiture, des vacances au soleil, cette véranda si agréable et même ce petit bateau de croisière qui vous fait rêver que vous allez gagner ou perdre pendant ces secondes fatidiques.

Vous êtes-vous déjà demandé pourquoi ce voisin qui habite le même quartier que vous, avec des revenus et un mode de vie similaire s’offre 2 semaines de vacances 5* en Grèce et roule en berline allemande flambant neuve quand vous poussez encore un peu plus votre vieux Scénic pour aller dans une honorable longère en Vendée ?

Il existe 5 phrases simples pour sortir GAGNANT de ces situations si dangereuses pour vos économies ainsi que d’innombrables autres que vous affrontez tous les jours.

Si vous ne les suivez pas, il est presque sûr que votre interlocuteur vous entubera et en tirera une grande fierté en plus d’une belle prime.

Mais si vous dites ces phrases à la lettre, bêtement même, et les répétez fermement alors vous vous régalerez de la fierté de vous être bien défendu et de tous ces extras devenus d’un coup réalité.

Vous êtes prêt ? Ouvrez grands vos yeux :

Phrase n°1 : Il faut que je réfléchisse.

Quand vous vous lancez dans un projet.

Phrase n°2 : Je ne comprends pas.

Pouvez-vous m’expliquer comme à un enfant de 5 ans ?

Phrase n°3 : Je ne suis pas pressé.

Phrase n°4 : Je suis désolé je dois absolument y aller.

Phrase n°5 : Encore un petit effort s’il vous plaît.

censureVBN2

Vidéo censurée

Je viens de mettre en ligne cette nouvelle vidéo.

Je ne sais pas combien de temps elle restera visible, mais vu son contenu, je ne me fais pas beaucoup d’illusions.

Faites-la suivre par email, mais évitez d’en parler sur Facebook ou Twitter pour le moment : c’est le seul moyen de rester au moins quelques jours « sous les radars ».

Cliquez ici pour regarder la vidéo.

À votre bonne fortune,

Olivier Perrin,

Le Vaillant petit économiste

ValeurDelArgent

L’Argent ne fait pas le bonheur, il fait l’abondance

S’il n’y avait pas d’argent vous seriez à cultiver votre potager dans une campagne reculée.

Vous auriez de mauvais outils, de mauvais vêtements, une mauvaise maison. Vous auriez tout fabriqué vous-même à partir de rien ou presque.

L’argent, c’est ce qui permet au dentiste de changer les caries traitées en baguettes de pain, au boulanger le nombre de baguettes vendues en voitures, à l’ouvrier automobile, le nombre de boulons serrés en tranches de jambon…

L’argent ne crée pas la richesse.

C’est le dentiste, le boulanger, l’ouvrier qui créent la richesse.

L’argent, lui, organise la richesse :

  • Il la compte et permet de comparer — Le boulanger sait qu’il doit vendre 5 baguette à 1€ pour s’acheter un steak à 5€—,
  • Il la stocke afin que l’agriculteur qui a vendu sa récolte de blé à la fin de l’été puisse dépenser le fruit de son travail au printemps s’il le souhaite;
  • Il permet les échanges, la concentration et la circulation de la richesse.

C’est l’argent qui permet d’organiser de vastes territoires cohérents où :

  • Chacun se spécialise dans ce qu’il fait le mieux et ;
  • La société établit combien elle est prête à « payer » pour un bien ou un service.

En permettant cette spécialisation, l’argent contribue au passage des sociétés de subsistance aux sociétés d’abondance. Et je ne parle pas du dernier smartphone à la mode mais de la facilité à se loger, se nourrir, se chauffer, se déplacer…

Inversement, quand l’argent disparaît, les sociétés repassent brutalement de l’abondance à la subsistance.

C’est ce qui s’est passé en France durant la seconde guerre mondiale, en Argentine au tournant des années 2000, au Brésil dans les années 1980 et de manière plus lointaine et durable lors de la chute de Rome au Ve siècle.

Bien sûr l’argent n’est pas la cause de ses mouvements, c’est un symptôme de la santé des sociétés.

Prenez l’exemple de Felipe, Brésilien qui a vécu la longue période d’hyper-inflation qu’a traversé le Brésil de 1984 à 1994. Felipe était adolescent à l’époque. Il m’a raconté qu’ils avaient deux réfrigérateurs à la maison alors que c’était un objet très luxueux à l’époque, qui valait le prix d’une petite voiture aujourd’hui. Ils s’étaient privés pour les acheter afin de stocker la nourriture.

Son père était ingénieur, cadre supérieur dans une entreprise pétrolière. Il recevait son salaire en liquide 2 fois par mois. À chaque paie, il se ruait sur le téléphone pour appeler la mère de Felipe qui venait immédiatement chercher l’argent au bureau puis courait au supermarché dépenser toute la paie avant que les prix n’augmentent. Il fallait régulièrement faire la course avec les employés du supermarché pour attraper les produits avant qu’ils ne changent l’étiquette pour un nouveaux prix plus élevé.

Dans ces conditions, impossible de mettre de l’argent de côté pour acheter une maison ou ne serait-ce que pour partir en voyage ou s’offrir un beau vêtement. C’est quelque chose de très palpable l’économie de subsistance pour ceux qui l’ont connue. Cela ne veut pas dire qu’on est malheureux, mais un nombre incroyable de choses qui vous paraissent absolument évidents deviennent impossibles.

Cela arrive quand la monnaie disparaît.

Malheureusement nous avons perdu cette mémoire. Nous n’accordons plus d’importance à la valeur et la stabilité de notre monnaie.

À votre bonne fortune,

Olivier Perrin

scarface

Peu importe que l’argent ne vaille plus rien quand vous avez déjà tout acheté

Vous participez à une partie de cartes géante.

Cette partie est organisée par un croupier véreux qui à chaque nouveau tour de cartes rajoute des as dans le jeu en les distribuant toujours au même joueur : Gontran

Gontran gagne à chaque coup ou presque : brelan d’as, carré d’as…

D’abord on se dit que Gontran est très fort, puis qu’il a beaucoup de chance.

Mais ce n’est pas tout, au fur et à mesure que les as s’accumulent dans le jeu truqué,

les autres joueurs aussi se mettent à recevoir des as…

Ils s’en trouvent d’abord avantagés : la chance tourne se disent-ils.

Mais combien de temps faut-il avant qu’ils s’aperçoivent qu’ils ne gagnent pas plus qu’avant ?

Car tout le monde a des as maintenant et de toute manière, il est trop tard : Gontran a déjà raflé toutes les mises.

D’ailleurs le jeu est devenu complètement inutilisable. Il ne sert plus à rien.

À un moment un joueur excédé jette ses cartes sur la table et c’est généralement le moment où cela tourne mal.

Alors vous pouvez bien avoir 4 as dans la main, il ne vous sont plus d’aucune utilité… C’est celui qui a le flingue qui décide.

Et comme dans tous les bons films de gangsters ou de cowboys, on retient son souffle : qui gagnera entre Gontran, le tricheur qui a remporté toutes les mises, et le mauvais joueur qui a sorti son pistolet.

Et comme dans les bons films, le scénario est connu d’avance, ce ne sont que les détails qui changent : à quel moment la situation dégénérera-t-elle ? Quel détail fera basculer la partie ?

Ce qui se passe avec votre argent est pareil et les as que le croupier véreux rajoute à chaque tour, ce sont les milliards de dette qui sont créés grâce aux banques centrales.

Ce qui importe c’est celui qui touche l’argent frais en premier.

Dans l’exemple ci-dessus, Gontran est clairement avantagé car il touche les as le premier.

Quand vous créez de l’argent, il a le plus de valeur pour le premier qui le touche.

Avec cet argent, il va acheter les biens meubles et immeubles qui ont le plus de valeur : entreprises, terrains, maisons, immeubles…. Le second qui aura touché cet argent pourra à son tour acheter d’autres choses à un troisième et ainsi de suite…  Plus vous êtes loin dans la chaîne de diffusion de l’argent, moins vous en profitez…

Et peu importe qu’à la fin vous ayez complètement détruit votre monnaie… L’essentiel est que les richesses réelles auront changé de main pour se concentrer dans celles des Gontran qui auront bénéficié des largesses des banques commerciales et banques centrales qui leur auront prêté cet argent.

C’est d’ailleurs ainsi que Donald Trump a fait fortune.

C’est comme cela que les banquiers font fortune.

Mais c’est aussi comme cela que les entrepreneurs de la Silicon Valley font fortune.

Bien sûr, ils ont eu de bonnes idées. Mais pas plus qu’ailleurs.

La différence c’est qu’ils ont tout raflé car ils ont eu l’argent pour le faire.

Et encore une fois, peu importe que l’argent ne vaille plus rien après coup.

Prenez par exemple le réseau social des professionnels Linked In (américain). Il y a 4 ans, son concurrent français Viadeo lui tenait la dragée haute… Mais Linked In a bénéficié de 100 millions de dollars d’investissements quand Viadeo n’en a eu que 10 millions. 4 ans plus tard, Viadeo s’est effondré alors que Linked In a été racheté plus de 26 milliards de dollars par Microsoft.

Il s’est passé la même chose entre le Minitel et Internet… C’est encore ce que veut faire Uber face à ses concurrents.

La monnaie, depuis un demi-siècle, est devenue l’instrument du plus grand transfert de richesses de tous les temps.

Pas plus que vous, je ne sais inverser ce mouvement, il existe en revanche des moyens simples de vous mettre à l’abri (et de transformer vos « as » avant qu’ils ne vaillent plus rien). Cliquez ici pour continuer votre lecture et en savoir plus.

À votre bonne fortune,

Olivier Perrin

trinité

Georges Soros et l’impossible trinité ! Soros

George Soros est un spéculateur qui a fait fortune notamment en pariant sur la chute de la Livre sterling en 1992. Il mit tellement d’argent sur la table que son pari força la réalité, ce que l’on appelle les prédictions auto-réalisatrices : il obligea la banque d’Angleterre à sortir du Serpent Monétaire Européen, il gagna un milliard de dollars en une nuits et créa un beau chaos.

C’est une attitude qui peut être jugée abjecte mais George Soros se défend en arguant qu’au contraire il permet de révéler le mal et ainsi de le traiter plus rapidement.

Je ne suis pas sûr que George Soros avait le bien être des Britanniques en tête quand il a fait sauter la banque d’Angleterre.

À une journaliste qui lui demandait s’il ne se sentait pas responsable du chaos qu’il avait produit au Royaume-Uni il répond pourtant :

Non, pas du tout parce que cela se serait produit sans moi. J’ai simplement accéléré le mouvement. Je l’ai fait se produire plus rapidement. Ce qui en fin de compte a été bénéficiaire pour la Grande-Bretagne. [1]

Mais ce n’est pas l’objet de cette lettre de juger Monsieur Soros. Je ne fais pas une revue morale des grands de ce monde. Vous me reprochez déjà suffisamment mon manque d’optimisme.

Soros se définit lui-même comme un « spéculateur financier » comme il dit, « au sens de comprendre la réalité ».

Il se trouve que George Soros est très fort pour comprendre la réalité.

Et il se trouve qu’il est tourné en ce moment vers l’Europe.

L’impossible trinité

Il existe une loi de l’économie qui stipule que vous ne pouvez contrôler à la fois : les taux d’intérêts, les taux de change et les flux de capitaux.

Cette loi a un nom un peu pompeux : l’impossible trinité (ça fait bien pour les titres des articles).

Mais en fait c’est comme un boulanger qui voudrait à la fois :

  • Augmenter le prix de son pain (sans améliorer sa qualité);
  • Espérer en vendre plus ou au moins autant ;
  • Tout en étant en concurrence avec la boulangerie d’en face.

Ce n’est pas possible de faire les 3 à la fois. Il faut nécessairement qu’un paramètre serve de soupape d’ajustement : si vous acceptez la concurrence et que vous voulez vendre plus, il faut baisser les prix. Ou alors mettre une frontière entre vous et la boulangerie concurrente pour pouvoir augmenter les prix sans que les clients partent ou encore que vous acceptiez de vendre moins mais plus cher.

Cela à l’air évident comme ça, presque bête. Il faut nécessairement « sacrifier » un paramètre pour éviter que tout s’effondre.

Et pourtant c’est un grand classique des gouvernements de vouloir à la fois :

  • Laisser la libre circulation des capitaux afin de favoriser le commerce (concurrence) ;
  • De contrôler les taux d’intérêts afin de lutter contre le chômage et de piloter l’inflation ;
  • Tout en maintenant un taux de change attractif pour éviter une fuite de capitaux massive.

Cette théorie de Robert Mundell et Marcus Fleming date de 1961, avant même la fin du systéme de Bretton Woods et l’abandon du Gold standard pour le régime de change flottant où cette théorie révéla toute sa puissance.

C’est en appliquant cette théorie que George Soros a fait sauter la banque d’Angleterre.

De la même manière qu’en 1992 le Royaume-Uni était à la traine du Système Monétaire Européen et fut forcée d’en sortir à cause de la spéculation de Soros, aujourd’hui l’Italie et la France sont en ligne de mire (la Grèce est trop petite pour « faire sauter la banque »).

Celui par qui le malheur arrive

L’intérêt de Soros pour l’élection Française fait froid dans le dos.

On dit de lui qu’il est le seul citoyen privé à avoir sa propre politique extérieure et à disposer d’une diplomatie personnelle via le réseau Open Society Foundation qui finance des associations activistes tout autour du monde, en particuliers en périodes de troubles : États-Unis, Ukraine, Tunisie, Serbie, France…

En octobre dernier, un piratage massif de l’Open Society Foundation a été mis en ligne par le site Soros DC leaks [2]. On y apprend qu’en la France et l’Italie sont au cœur de la stratégie de la fondation qui finance entre autres :

  • Le Collectif contre l’Islamophobie en France,
  • La Ligue des Droits de l’Homme qui a reçu une subvention pour lutter contre l’extrême droite,
  • Les activistes « no borders » de Calais (anti-frontières),
  • Le Bondi Blog qui a été lancé avec les subsides de la fondation avant de bénéficier d’un partenariat avec Libération …

On présente souvent George Soros comme un milliardaire de la finance qui utilise sa fortune pour promouvoir son idéologie progressiste et mondialiste. Se pourrait-il au contraire que le milliardaire utilise cette idéologie pour servir sa fortune…

La fortune de George Soros a progressé de 20 à 25 milliards de dollars entre 2012 et 2017.

L’homme qui avait gagné 1 milliard en une nuit sur un coup de poker en gagne maintenant un par an avec la régularité d’une feuille de paie.

Peut-être pense-t-il qu’il les emportera au paradis…

À votre bonne fortune,

Olivier Perrin

PS : Je ne suis pas à votre place

Vous êtes plusieurs à me reprocher ces derniers jours d’être bien confortable au fond de mes pantoufles et de ne voir que les problèmes sans proposer les solutions.

Je ne me mouille pas assez me dites-vous. Vu l’énergie que je mets dans ces lettres, je ne crois pas mériter ces invectives.

Il se trouve qu’à titre personnel je n’aime pas fort que l’on me dise ce que je dois penser… Il se trouve aussi que j’ouvre un journal je suis immédiatement agacé par tous les « il faut », les « vous devez » et autres injonctions plus ou moins bienveillantes de journalistes sûrement bien intentionnés mais qui n’ont vraisemblablement pas compris qu’ils n’étaient pas le centre du monde. Aussi ne vous servirai-je pas ce que je rechigne pour moi-même.

En revanche, je crois que toute personne de bonne volonté, pour peu qu’elle ait un peu de temps à y consacrer peut apprendre à mettre à l’abri du besoin sa famille et ses proches des crises et convulsions de notre économie malade.

Il y a bien plus de vertu à agir à notre échelle qu’à discuter indéfiniment et attendre de nos politiques qu’ils nous servent avant leur intérêt personnel.

Vous avez peut-être remarqué que je suis en train de constituer depuis quelques jours un petit groupe de lecteurs qui souhaitent approfondir cette démarche.

Cliquez ici pour lire ou relire la présentation du projet (merci de répondre rapidement si vous êtes intéressé, les places partent vite).

 

machine

L’économie ne marche pas comme une machine

En économie,il n’y a pas une pédale pour accélérer et une autre pour freiner, un levier pour monter ou baisser.

Appuyez sur un bouton plusieurs fois : vous n’aurez jamais le même résultat.

Abaissez une manette et il ne se passera jamais là même chose. L’économie ne marche pas comme une machine.

Les résultats d’une politique économique ne sont pas linéaires : ce qui marche à un moment ne marchera pas nécessairement le suivant.

Il y a aussi les effets secondaires. Ce que l’on n’avait pas prévu. Les gouvernements concentrent leur attention sur les résultats immédiatement visibles de leurs politiques… Mais ce n’est que la face émergée de l’iceberg et ils ne se rendent pas compte des effets indirects et bien plus destructeurs de leurs actions.

Mais il y a un problème bien plus grave. Dès que les gouvernants et banquiers centraux tentent d’agir sur un indicateur particulier : Ils gâchent tout.

Ils agissent sur les symptômes sans traiter les causes.

Ils agissent comme un mauvais médecin que vous venez voir parce que vous vous êtes cassé la jambe et qui vous donnerait des anti-inflammatoire contre la douleur sans réparer la jambe.

Mais si vous n’avez plus mal, comment savoir ce qui ne va pas ? Comment traiter la cause s’il n’y a plus de symptôme ?

La morphine à haute dose ne masque pas seulement la douleur, cela fait aussi mourir.

Le chômage, l’inflation, les taux d’intérêts de long terme sont des symptômes : des indicateurs de la santé d’une économie. Ils aident les « agents économiques », vous, moi, les entreprises à prendre de bonnes décisions.

Si le chômage est important, vous accepterez un travail moins cher et dans le secteur où on embauche, même si ce n’est pas nécessairement ce à quoi vous aspirez. Le coût du travail baissera ainsi que les coûts de production et de vente. Votre économie deviendra plus compétitive sans que vous ayez perdu en pouvoir d’achat (salaires et prix baissent). Les entreprises qui peinent à recruter trouveront plus facilement des employés et après une période de transition un nouvel équilibre se mettra en place.

J’ai vu beaucoup de jeunes rêver de faire du marketing, des publicités pour de belles voitures et vendre du Coca Cola. Mais c’est d’informaticiens dont nous avons besoin.

J’ai rencontré un jour un ancien biologiste qui s’était reconverti en informaticien. Il préférait la biologie mais c’est de développeurs informatiques dont parlaient les annonces d’emplois. Il avait acheté des livres à près de 40 ans et commencé à se former tout seul puis il avait rapidement trouvé un travail, pas très drôle mais qui lui avait permis de continuer à se former. Puis il s’est constitué une petite équipe dans l’entreprise dans laquelle il travaillait.

Bien sûr l’État a un rôle important pour accompagner cette transition, un rôle de solidarité et de fair play. Il doit fixer les règles et faire l’arbitre.

Mais vous n’avez jamais vu un arbitre de foot marquer un but à la télé.

Ce n’est pas à l’État d’employer lui-même ou de créer les emplois aidés qu’on lui demande.

En faisant cela, il empêche la nécessaire adaptation de nos économies. Il masque les symptômes mais ne soigne pas, pis : il empêche de guérir.

Bien sûr au début cela donne l’impression d’aller mieux. On arrête de tousser. Mais à quel prix et et pour combien de temps ?

PS : Je ne suis pas à votre place

Vous êtes plusieurs à me reprocher ces derniers jours d’être bien confortable au fond de mes pantoufles et de ne voir que les problèmes sans proposer les solutions.

Je ne me mouille pas assez me dites-vous. Vu l’énergie que je mets dans ces lettres, je ne crois pas mériter ces invectives.

Il se trouve qu’à titre personnel je n’aime pas fort que l’on me dise ce que je dois penser… Il se trouve aussi que j’ouvre un journal je suis immédiatement agacé par tous les « il faut », les « vous devez » et autres injonctions plus ou moins bienveillantes de journalistes sûrement bien intentionnés mais qui n’ont vraisemblablement pas compris qu’ils n’étaient pas le centre du monde. Aussi ne vous servirai-je pas ce que je rechigne pour moi-même.

En revanche, je crois que toute personne de bonne volonté, pour peu qu’elle ait un peu de temps à y consacrer peut apprendre à mettre à l’abri du besoin sa famille et ses proches des crises et convulsions de notre économie malade

Il y a bien plus de vertu à agir à notre échelle qu’à discuter indéfiniment et attendre de nos politiques qu’ils nous servent avant leur intérêt personnel.

Vous avez peut-être remarqué que je suis en train de constituer depuis quelques jours un petit groupe de lecteurs qui souhaitent approfondir cette démarche.

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presidentielle

Ce qu’ils ne vous ont pas dit hier soir

Chère lectrice, cher lecteur,

Ils n’en ont pas parlé, les journalistes n’en ont pas parlé. Les télés et les radios ont répété les mêmes messages en boucle.

Voici 10 faits qui risquent d’avoir bien plus de poids que tout ce qu’ils ont raconté hier sur TF1 :

  • 7 prix Nobel d’économie se sont prononcés contre l’Euro : l’Euro, ça ne marche pas ; [1]
  • L’Euro rend plus pauvre : plus d’impôts, moins de pouvoir d’achat, moins d’épargne [2] ;
  • L’Euro ne profite qu’aux hyper-riches [3] ;
  • L’Euro est trop faible pour soutenir une nouvelle crise [4] ;
  • La prochaine crise mondiale viendra de l’Europe selon Alan Greenspan, ancien gouverneur de la réserve fédérale américaine [5] ;
  • La Banque Centrale Européenne et la Banque de France rachètent plus de dette que la France n’emprunte : la dette est devenue un circuit fermé. L’État émet, la banque rachète et reverse ses bénéfices à l’État. Historiquement, c’est le stade terminal avant la destruction de l’argent ;
  • Sans croissance, on ne rembourse pas la dette : Il faudrait diminuer le budget de l’État et des collectivités de 20 à 25% sans nouvelle dépense et pendant près de cent ans pour rembourser la dette. Le Boston Consulting Group a calculé que les pays occidentaux traversaient de troubles sociaux importants dès que les coupes budgétaires atteignaient 3%.
  • Il n’y a pas de croissance en Europe.
  • La BCE doit imprimer 5 nouveaux euros pour qu’il s’en échange un de plus : En 2016 pour que la zone Euro créé 180 milliard d’euros de croissance, la BCE a dû injecter 960 milliard d’euros dans l’économie.
  • Les taux de croissance prévus par les candidats ne sont ni possibles ni souhaitables : la population en occident vieillit ses aspirations et besoins ne sont plus les mêmes.

Olivier Perrin

PS : Pour vous préparer cliquez ici.

 

graphique

Coup de pompe sur le pétrole

Chère lectrice, cher lecteur,

Je ne sais pas si vous vous souvenez : c’était il y a seulement 6 ans.

«Le super à 2 euros, cela ne fait aucun doute. »

Christophe de Margerie était PDG de Total et faisait régulièrement le tour des télés et radios pour nous préparer au litre d’essence à 2, puis 3€.

La crise de 2008 était déjà passée par là mais à cette époque, l’on croyait encore dur comme fer à l’inflation par la demande des pays « émergents ».

Il allait falloir équiper l’Asie : Inde et Chine en tête mais aussi l’Amérique du Sud et ensuite l’Afrique.

Imaginez les milliards de maisons à construire, les kilomètres de routes par centaines de milliers, des voitures par centaines de millions. Imaginez : l’accès à l’eau, à une nourriture diversifiée, les équipements, les vêtements, les télés, les infrastructures…

Le XXIe siècle allait être celui de la rareté ! Pour mettre la main sur un litre d’essence ou un seau de ciment, vous alliez devoir vous battre.

Le baril de pétrole était à 120 dollars. Les prix flambaient. La Chine consommait la moitié de l’acier mondial…

Mais non.

Début mars, le prix du baril de pétrole américain (WTI) est retombé sous les 50 dollars. En Europe, le Brent est à peine plus haut.

Si les taxes sur le gazole n’avaient pas augmenté de près de 25% depuis 2014, vous paieriez votre litre de gazole moins d’un euro [1].

Que s’est-il donc passé ?

Quand 2008 a frappé, les prix de l’essence se sont envolés jusqu’à 140 dollars le baril, soit 3 fois plus qu’aujourd’hui.

Ils sont retombés aussi secs à 40 en 2009 avant de se stabiliser entre 80 et 100 dollars pendant 5 ans.

Puis à l’été 2014 les prix on chuté à cause de 4 facteurs :

  • Malgré tous les effets d’annonce, la croissance économique mondiale ne se remet pas de la crise de 2008 dont nous subissons encore de plein fouet les effets : il y a moins de demande. On se rend compte que la croissance effrénée des pays asiatiques a produit un certain nombre de dysfonctionnements : télé et Internet arrivent dans les régions reculées de Chine bien avant les routes et l’eau potable… En Inde les milliardaires se font livrer des voitures de sports qu’ils ne peuvent pas conduire tant les routes sont mauvaises et embouteillées ;
  • Les efforts des pays importateurs de pétrole pour diminuer leur dépendance paient : les moteurs de voitures sont devenus très efficaces, les nouvelles constructions sont bien mieux isolées et nécessitent moins de chauffage…
  • Comme c’est la crise, les pays producteurs de pétrole essaient de compenser les pertes de revenus en produisant au maximum : il y a plus d’offre ;
  • Le développement très rapide des pétroles de schistes ont fait passer les États-Unis de plus gros importateur de pétrole à premier producteur.

Face à cette situation, l’OPEP — Organisation des Pays Exportateurs de Pétrole — a passé un accord en novembre dernier afin de limiter la production de pétrole et faire remonter les cours. Les pays membres de l’OPEP représentent 40% de la production de pétrole.

C’était fin novembre. L’accord avait réussi à faire passer le Brent de 46 à 56 dollars le baril… Il n’aura même pas duré 4 mois. La situation est trop tendu entre des pays qui ont besoin désespérément des dollars du pétrole et l’Arabie saoudite qui poursuit une stratégie de dumping afin de décourager les concurrents américains de produire leur pétrole de schiste bien plus coûteux que l’or noir saoudien.

L’Arabie saoudite a une position particulière dans la formation des prix du pétrole : c’est le seul pays qui n’exploite pas 100% de ses capacités d’extractions. C’est-à-dire que c’est le seul pays qui peut instantanément augmenter sa production de pétrole en cas de besoin et ainsi influer directement et rapidement sur les prix. Or il se trouve que les saoudiens préfèrent conserver leurs part de marchés plutôt que de faire remonter els prix.

Le pétrole pas cher c’est une bonne nouvelle pour le plein de votre voiture, c’est en revanche une mauvaise nouvelle pour la reprise de la croissance que le FMI et la banque Mondiale croient chaque année voir au coin de la rue.

Autant on peut bidonner les chiffres de croissance (surtout dans les pays émergents) et les prévisions, autant on peut maintenir les marchés boursiers au plus haut à coups de politiques monétaires ultra accommodantes, autant le marché du pétrole fonctionne bien et est concurrentiel.

Quiconque sera élu en France en mai prochain a intérêt à avoir le parapluie à portée de main… Le retour de la croissance, n’est malheureusement pas pour demain. Si seulement on s’y préparait…

À votre bonne fortune,

Olivier Perrin, le vaillant petit économiste

Montaigne

L’Institut Montaigne a encore frappé

Grande nouvelle sur les écrans : les Français sont aux 3/4 contre une sortie de l’Euro.

L’affaire est entendue, n’en parlons plus.

D’ailleurs le le Président l’a dit, « L’Euro est irrévocable« , je parle de Mario Draghi, le Président de la Banque Centrale Européenne.

La seule chose que je croyais irrévocable, c’était le passage, tôt ou tard, de la grande faucheuse et du contrôleur des impôts… J’avais oublié l’Euro de Mario.

Mais justement pour les récalcitrants comme moi, la presse a eu la bonté de regarder la question objectivement et après analyses contradictoires approfondie, la réponse est sans appel : Sortir de l’Euro c’est trop horrible.

Les consciencieux journalistes du Figaro y ont consacré pas moins de 12 articles ces derniers jours dont :

  • « Un scénario noir pour la France »
  • « L’engrenage infernal »
  • « À la merci des marchés financiers »
  • « Trois Français sur 4 sont opposés à une sortie de l’Euro »
  • « L’Europe ne survivrait pas « 

Sans oublier :

« 3 Français sur 4 contre la sortie de l’Euro ».

C’est le résultat d’une enquête commandée par l’Institut Montaigne (fondé par Claude Bébéar, proche soutien d’Emmanuel Macron) ainsi que Les Échos et Radio Classique, propriétés de M.Bernard Arnauld, aussi soutien de M. Macron [1].

On nous y dit que les Français sont résolument contre une sortie de l’Euro mais qu’en revanche ils sont moins convaincus par l’Union Européenne.

Cela n’émoustille pas plus nos journalistes bienveillants qu’une charge d’éléphants dans un magasin de porcelaine :  Les Français sont à fond pour l’Euro mais pas pour l’Europe. C’est un peu comme s’ils disaient qu’ils étaient supporter du PSG mais qu’ils n’aimaient pas du tout le foot. C’est idiot. L’Euro sans l’Europe… Ça n’existe pas.

Et comme d’habitude, on prend les gens pour des imbéciles qu’ils ne sont pas du tout.

Voici le sondage [2] :

Dans un cas, la question est êtes-vous favorable à l’organisation d’un referendum sur le maintien de la France dans l’Union Européenne.

Dans l’autre c’est sèchement : « sortir de l’Euro »

Mais cela n’a rien à voir !

Ce que dit ce sondage, c’est que les personnes interrogées sont prudentes et raisonnées : qu’elles sont réticentes à envisager un événement aussi important que la sortie de l’Euro de but en blanc…

En revanche, mettre le sujet de l’Europe sur la table oui car au fond on sent bien qu’il y a quelque chose qui ne tourne pas bien rond.

Si la question posée avait été « êtes vous favorable à l’organisation d’un referendum pour le maintien de la France dans la Zone Euro » vous pouvez être sûr que plus de 54% des personnes interrogées auraient été favorables.

Mais Le Figaro aurait-il titré plus de la moitié des Français sont pour un referendum sur l’Euro ?

Bel exemple de manipulation.

Pourtant ce sondage dit quelque chose de noble : non, nous ne sommes pas des énervés qui voulons tout foutre par terre. C’est tout le contraire en fait.

Au contraire de nos entreprenants politiciens nous sommes réticents à tout changer tout le temps.

En revanche, il y a quelque chose de vicié dans l’Euro et nous voulons regarder. Nous voulons nous faire un avis circonstancié et traiter le problème avant qu’il ne nous pète à la figure.

Nous voulons nous préparer.

À votre bonne fortune,

Olivier Perrin

 

URSS

L’Euro c’est comme l’URSS en 1924

L’URSS en 1924, tout le monde savait qu’elle allait se péter la gueule.

L’expérience était ratée. Dès 1921, la collectivisation s’était révélée désastreuse.

Dans les grands sovkhozes, ces fermes d’État gérées comme des usines, les paysans étaient salariés sans indexation sur la production du sovkhoze. C’était l’idéal communiste : à chacun selon ses besoins et non selon ses mérites. Les surplus de production des fermes devaient être réquisitionnés pour permettre de nourrir les villes et favoriser le développement industriel.

Résultat : la production agricole s’était effondrée.

Les famines et la révolte de Kronstadt avaient obligé Lénine à réintroduire la propriété privée dans les campagnes, ce que l’on appelle la NEP, pour nouvelle politique économique.

Avec la NEP, Lénine autorise les fermes à vendre leur surplus au lieu d’être réquisitionnés et accorde un tout petit lopin de terre en propriété à chaque salarié des sovkhozes.

Et tout d’un coup, des millions de potagers sortent de ces minuscules lopins de terre et les surplus reprennent.

Malheureusement, ces libéralités envers les paysans ne s’appliquent pas aux ouvriers et aux usines qui restent collectivisées et désorganisées.

La production agricole augmente fortement alors que l’industrie continue de bafouiller : c’est toute l’économie qui vacille. Les prix agricoles s’effondrent alors que ceux de l’industrie s’envolent et les paysans se mettent à stocker leur production en espérant la vendre plus cher plus tard, ils renoncent à acheter du matériel trop cher…

Cela marchait trop bien : vite il faut tout arrêter.

Nous sommes en 1924, l’expérience communiste est un échec.

Plutôt que de libéraliser la production industrielle, on arrête la NEP : il faut préserver l’idéologie et peu importe que cela entraîne des dizaines de millions de morts.

Et ainsi cet échec survivra comme un zombie jusqu’en 1991 soit 65 ans de plus auxquels il faut encore ajouter 20 ans de post-communisme. Cela fait cher l’expérience ratée.

L’Euro c’est pareil.

Nous sommes en 2017 et l’Euro tel qu’il est construit est aussi foutu que l’était l’URSS de 1924.

Cela ne marche pas, même si fort heureusement cela ne nous a pas coûté jusqu’ici autant de morts que l’expérience communiste.

Mais pour avoir une monnaie commune il faut avoir une zone intégrée, un espace commun.

C’est la crise en Grèce ? Les Grecs devraient affluer en Allemagne pour chercher du travail.

Cela entraînerait une baisse des salaires en Allemagne en même temps qu’un moindre chômage en Grèce et une remontée des salaires de ceux qui restent et ainsi la zone s’équilibrerait et nous n’aurions pas un SMIC allemand deux fois plus élevé qu’en Grèce.

Il y aurait bien sûr encore de nombreuses différences comme il y en a entre les régions françaises.

Mais quand on a vingt ans et qu’on habite Limoges, on n’hésite pas à monter à Paris pour trouver un travail même si c’est un petit déchirement et qu’on n’aime pas fort la vie parisienne.

Sauf que la réalité, c’est qu’avec l’Euro, on bouge beaucoup moins qu’avant.

C’est quand même fort de moutarde.

Mais il n’y a absolument pas eu depuis 2008 de mouvement de population comme il y a pu avoir au XXe siècle, notamment pendant la crise de 1929, des Italiens puis des Espagnols et Portugais vers l’Allemagne, la Suisse et la France (6 millions d’Italiens ont émigrés en France au XXe siècle).

L’Euro, en maquillant les effets de la crise —par exemple qu’il y a une fuite des capitaux de 600 milliards d’Euro de l’Italie et l’Espagne vers l’Allemagne— et en empêchant les effets naturels de correction entre les monnaies est en train de détruire à petit feu nos économies.

Avec l’Euro, on accélère la divergence entre les économies du sud et du nord de l’Europe. On casse l’Europe bien plus qu’on ne la construit.

Avec l’Euro on a fait l’Europe de la consommation, l’Europe des grandes entreprises et des puissants contre celle des petits.

Nous sommes en 2017. L’Euro est un projet mal ficelé qui a déjà fait la preuve de son échec. Va-t-on prendre l’option soviétique et faire survivre une idéologie zombie nous en faisant porter le poids pendant 60 ans ou plus ?

Ou allons-nous accepter de poser sérieusement la question de l’Euro et arrêter d’agiter le chiffon rouge des extrêmes ?

Allons-nous accepter d’envisager sérieusement l’avenir et prendre les mesures nécessaires ?

À votre bonne fortune,

Olivier Perrin