Quelle est la différence entre Miss France et la CAC40 ?

Chère lectrice, cher lecteur,

Je suis dans le train.

J’essaie d’écrire ma lettre en dépit d’un voisin encombrant.

Il a le type banquier libidineux : dégarni et en sueur, chemise en bataille. Affalé sur deux sièges, il partage sa conversation téléphonique avec la totalité du wagon.

Je pense qu’il a eu une bonne prime de fin d’année et il se félicite de tout savoir sur la finance :

« Le CAC 40 c’est comme Miss France, il a de belles courbes ».

Je sursaute. Je ne peux pas laisser passer ça : d’accord l’indice parisien a encore progressé de 10% en 2017, faisant pointer un peu plus sa courbe ferme et galbée.

Mais il existe une différence ENORME entre Miss France et le CAC 40.

Savez-vous laquelle ?

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Réponse : il y en a une qui est plus naturelle que l’autre 

J’avoue n’avoir jamais regardé les concours de beauté. Mais j’ai quand même été vérifier le règlement pour l’occasion, et il y est stipulé noir sur blanc que les candidates « ne peuvent pas avoir eu recours à la chirurgie esthétique ».

Pas de passage sur le billard pour la future reine de beauté. Interdiction formelle de pomper les lèvres, gonfler les seins et bomber les fesses. Le coup de pouce artificiel miracle est proscrit, place au « naturel ».

Or, c’est exactement l’inverse sur les marchés financiers aujourd’hui.

Car depuis des années, les courbes des principaux indices boursiers sont bourrés de botox, liftés à la hausse et gonflés d’implants.

Et si je suis prêt à parier que Maeva Coucke, notre nouvelle Miss France, s’épanouira en une beauté gracieuse pendant encore de nombreuses années, les marchés eux vont mal vieillir. Très mal vieillir.

Car les marchés ne sont pas des Miss France. Ce sont plutôt des Mickey Rourke et des Emmanuelle Béart :


Mickey Rourke et Emmanuelle Béart, avant et après être passés sur le billard

Vous pensez que j’exagère ? 

Jetez un œil à ces deux magnifiques courbes.

Voici celle du CAC40 depuis  sa création en 1987 :

Et celle du S&P500, le principal indice américain, depuis 1996 :

 

Américain ou français, le constat est le même : les indices boursiers grimpent et tout le monde s’en réjouit. 

Et pourquoi s’en priver ? Les économistes nous le disent : une hausse des indices c’est le signe d’une bonne santé des marchés.

Bon en fait c’est le contraire, normalement : une bonne économie porte les bourses… En revanche, l’inverse n’est pas vrai du tout.

Car en réalité aujourd’hui, cette hausse est totalement artificielle.

Depuis 2003, les indices boursiers ont augmenté 4 fois plus vite que la croissance.

En moyenne, les marchés boursiers ont augmenté de 12% par an depuis 2003 alors que la croissance mondiale elle, s’est contentée d’un timide 3% sur la même période.

C’est comme si une entreprise de chaises à côté de chez vous avait augmenté sa production de 30% mais que sa valeur en bourse avait plus que doublé.

Pourtant, les chaises qu’elle vous vend sont restées les mêmes. Ses marges ont même dû baisser du fait de la crise. Et elle n’a pas investi dans une méthode de fabrication innovante, une machine intelligente ou un matériau révolutionnaire. C’est toujours la même chaise sur laquelle vous posez votre séant.

Comment est-ce possible ?

Pourquoi la même entreprise serait aujourd’hui deux fois plus chère qu’il y a 15 ans ?

La faute aux banques centrales de la planète qui ont joué aux apprentis chirurgiens :

  • Elles ont inondé l’économie de liquidités et rendu le crédit facile par des taux nuls, encourageant les spéculateurs à prendre plus de risques et à valoriser beaucoup plus cher leurs investissements ; et
  • En cas de débâcle boursière, elles se jetteront à la rescousse de ces mêmes accros aux risques pour les renflouer. Après tout, elles l’ont fait en 1987, 1990, 1999, et en 2007.

Résultat, des entreprises comme Tesla sont survalorisées. L’action d’Amazon est aujourd’hui la plus chère du monde. Pourtant, cette société enregistre des pertes qu’elle dissimule grâce à une faible fiscalité et à des astuces comptables. Et pendant ce temps, les investisseurs poursuivent leur ruée, espérant empocher leur précieuse plus-value à la revente.

Investir en bourse aujourd’hui c’est comme épouser une blonde entièrement refaite ou un bodybuilder… C’est beau au début mais à la fin cela devient pire que tout.

Mais bien sûr cela on ne vous le dit pas. Tout va très bien Madame la marquise. Et pendant ce temps, les élites gouvernementales font voter à Paris et à Bruxelles des chapelets lois léonine pour vous spolier vos avoirs…
C’est maintenant qu’il faut vous préparer, et pour cela nous avons lancé un nouveau projet :

Le Cercle des Initiés

À votre bonne fortune,

Olivier Perrin

Le Vaillant petit économiste





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