Du capitalisme au communisme

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+++Nouveau record sur le Bitcoin+++


Il y a un mois, le Bitcoin dévissait de 40% à la fin d’une semaine agitée (voire ma lettre « Panique ratée sur les cryptos »), il était promis à une mort sanglante par les banquiers américains et les communistes chinois… Et voici que, comme prévu, le Bitcoin a non seulement rattrapé ses pertes mais atteint un nouveau record à 4 120€.

Bien sûr votre banquier vous dira toujours que c’est une bulle, une arnaque, un attrape-nigaud… Au mieux une spéculation. La réalité est que c’est tout le contraire.

Lisez bien la lettre d’aujourd’hui. C’est la raison fondamentale de la hausse vertigineuse du Bitcoin que certains experts voient s’envoler à 100 000$ et plus.

Si vous avez investi pendant le creux, comme je vous le conseillais, vous pouvez prendre quelques bénéfices et les réinvestir en cas de baisse.

Si vous pensez avoir raté le train… Arrêtez de regarder dans le passé et lisez bien la lettre d’aujourd’hui.


 

Du capitalisme au communisme

Chère lectrice, cher lecteur,

Avec Emmanuel Macron, la planification revient en force :

  • Grand plan d’investissement de 57 milliards d’euros ;
  • Plan de réduction du nucléaire de 50% en 2025 ; 
  • Plan de sortie de la voiture thermique (essence et diesel) en 2040;
  • Jeux Olympiques en 2024 (grand plan tourisme);
  • Plan pour le climat;
  • Plan pour l’Europe ;

En France on n’a plus de Plan, on a des plans.

Le dernier plan quinquennal français s’est éteint en 1993… Le commissariat au plan, inertie française, lui a survécu jusqu’en 2006.

Mais attention, les plans d’aujourd’hui n’ont plus grand chose à voir avec « l’ardente obligation » des plans quinquennaux du général De Gaulle. Les plans au XXe siècle étaient essentiellement un exercice de prospective afin d’esquisser les besoins et grandes orientations de l’économie française :

Il s’agit de reconstruire la France en 1945, de préparer l’ouverture au marché commun européen en 1960, d’affronter les crises pétrolières des années 1970…

Le Plan français n’a rien à voir avec la planification soviétique obligatoire, il se contente d’orienter les investissements par certaines incitations légales et fiscales selon la conjoncture économique.

Il n’a pas plus en commun avec les plans actuels qui ne cherchent plus à appréhender la réalité économique mais au contraire la foulent du pied. 

Prenons un exemple aussi emblématique que risible. Le diesel.

Premier fiasco : le diesel

Pendant des décennies le gouvernement français a sponsorisé les voitures diesel pour soutenir cette spécialité de ses constructeurs (en 1970 seuls Peugeot et Mercedes ont de solides compétences en moteurs diesel). La cour des comptes a chiffré ce soutien à plus de 6 milliards d’euros par an.

Résultat : en 2008, 77% des voitures vendues en France sont diesel.

En Allemagne, l’autre grand pays du diesel, moins de 50% des immatriculations sont diesel. 

Et patatras, on se rend compte tout d’un coup que le diesel cela pollue : ce sont les fameuses particules fines (raison pour laquelle le diesel est au contraire surtaxé en Suisse depuis bien longtemps).

STOP ! On arrête tout.

En 2016, plus que 47% des nouvelles immatriculations sont diesel… Et encore, le bonus écologique continue de favoriser le diesel… qui ne l’est officiellement plus.

Et re-patatras… Voilà que nous nous rendons compte en 2017… que les nouvelles voitures à essence émettent 10 fois plus de particules fines que les voitures diesel ! [1] 

Ils ont réussi à se tromper tellement qu’ils ont arrêté de sponsorisé le diesel au moment-même où celui-ci devenait plus intéressant face à l’essence !

D’un côté, les moteurs diesel se sont améliorés avec le temps alors que les moteurs à essence ont été pris dans la course à la baisse des consommation et d’émission du CO2… Résultat, des moteurs plus petits, avec turbo et injection directe : sans soupape d’admission, le mélange essence-oxygène est moins homogène et crée des particules fines…

Vraiment, on ne fait pas plus NUL :

  • Ce sont les moteurs les plus polluants qui sont subventionnés, 
  • Ils ont fragilisé Peugeot qui a été obligé de se vendre à un constructeur chinois,
  • Ils ont dépensé des milliards d’argent public pour rien,
  • Les utilisateurs n’ont plus moyens de choisir leur véhicule sérieusement, ils sont à la merci d’une nouvelle taxe, d’un énième revirement.

Aujourd’hui ils veulent balayer tout ça pour la voiture électrique… mais combien de temps faudra-t-il avant que nous nous rendions compte des coûts cachés de l’électrique : le recyclage des batteries sera-t-il efficace ? Serons-nous capable de suivre en terme de production d’électricité ? Faudra-t-il produire l’électricité de nos voitures avec du charbon ?

Vous croyez vraiment qu’ils se sont posés ces questions les conseillers en communication de Monsieur Hulot ?

Et si encore il n’y avait que ça…

Deuxième fiasco : le Plan France Très Haut Débit

Comme indiqué dans son nom de ce plan, il s’agit d’une stratégie pour couvrir l’intégralité du territoire français en connexion Internet à très haut débit d’ici 2022. 

C’est un plan qui repose essentiellement sur l’installation d’un réseau de fibre optique pour la bagatelle de 20 milliards d’euros. 

C’est un très très gros cadeau fait au protégé Patrick Drahi, patron de Numéricable et à Orange qui se prend toujours pour France Telecom quand il s’agit de dépenser de l’argent public.

Sauf qu’avant même la fin de ce plan fort dodu, vous aurez accès à l’Internet mobile de 5e génération. La 5G est annoncée pour 2020 et sera 1 000 fois plus rapide que la 4G, rendant obsolète toute connexion avec un réseau filaire : voilà 20 milliards pour rien. 

Je vous rassure, les pouvoirs publics n’ont pas été pris de court. Le projet de 5G était déjà sur les rails lorsque François Hollande a décidé du plan Très Haut Débit en 2012. [2]

Troisième fiasco : le nucléaire

C’est sans doute le plus grand gâchis. 

Attention, je ne veux pas ici déclencher une guerre entre les partisans et opposants du nucléaire… Mais simplement relever un manque de cohérence gravissime.

Le parc actuel vieillissant est au coeur de toutes les attentions. 

Encore, une fois personne n’a été pris en traitre… Cela fait 50 ans que l’on sait qu’il faudra renouveler le parc. 

Bizarrement personne ne se demande comment on en est arrivé-là ? 

Comment se retrouve-t-on avec ces réacteurs vieillissants sur les bras, bien incapables de les remplacer : 

  • On a préféré fermer superphenix, un réacteur conçu pour accompagner l’augmentation de la consommation d’électricité et qui permettait de recycler les déchets radioactifs et limiter la consommation d’uranium. C’est tout un savoir-faire qui a été détruit avec la fermeture de superphenix. Le projet superphénix n’était sans doute pas parfait, mais entre ça et maintenir une vieille bécane 20 ans de plus, il valait certainement mieux conserver superphénix ;
  • Areva a viré l’essentiel des ingénieurs qui avaient développé la deuxième génération de réacteurs à la fin des années 1990… Préférant dépenser son argent dans des montages financiers ruineux. Quand il a fallu installer la 3e génération EPR, on a embauché de jeunes ingénieurs certes brillants mais sans expérience. C’est comme cela que nous arrivons avec un retard de 10 ans sur la mise en service du premier EPR en Finlande.
  • Enfin, paradoxalement, EDF s’engage dans des projets de centrales nucléaires de grande envergure — en particulier la très coûteuse centrale britannique de Hinkley Point— au moment même où l’Europe est en surproduction d’électricité et que les tarifs sont au plus bas. D’un côté on demande à l’énergéticien d’assurer l’indépendance énergétique de la France et de l’autre on le soumet à la concurrence et à la volatilité des tarifs de l’énergie. Résultat : 37 milliards de dettes et un directeur financier qui démissionne avec fracas. [3]

Bien sûr, on voudrait bien remplacer le nucléaire par du renouvelable.

Mais le solaire et l’éolien ne marchent que par intermittence. Il faut doubler les capacités de production avec des centrales à gaz qui prennent le relais la nuit, par mauvais temps et par pétole (c’est-à-dire plus de la moitié du temps)… Mais le gaz vient de Russie. Augmenter notre dépendance au gaz russe nous met à leur merci.

Je ne sais pas comment ils font pour s’y retrouver … EDF développe une nouvelle génération de réacteurs pendant que Monsieur Hulot entend sortir du nucléaire (comment en revanche… nul ne le sait, à part le fioul et le charbon, aucune énergie n’est en mesure de remplacer le nucléaire). 

Le résultat est une cacophonie ahurissante, l’impossibilité pour les différents acteurs de faire des projets à long terme  et des projets qui se lancent en grande pompe avant de mourir en silence. 

Les plans d’aujourd’hui sont l’exact contraire du Plan du passé.

C’est du très grand n’importe quoi.

Et encore, je ne vous ai cité ici que des fiascos monumentaux. Les princes de la gabegie, lees roi des trous sans fond… ils sont suivis par toute une cour de plans sectoriels, régionaux etc… Tous aussi nuls les uns que les autres. Ségolène Royal a ses bus et taxis électriques. Nantes a son aéroport de Notre-Dame-des-Landes… Paris a ses JO… Qui dérapent avant même d’avoir commencé.

Pourquoi tous ces projets désastreux ?

À première vue, on se dit que ceux qui nous dirigent doivent être fous, malsains, tellement lubriques qu’ils vous signeraient un projet à 20 milliards sur les fesses d’une maitresse. 

La réalité est sans doute moins hollywoodienne et plus inquiétante.

Nous demandons à l’État de tout prendre charge : il doit nous donner un travail, une protection sociale, un toit (le droit au logement opposable), une morale, des loisirs…

Et c’est ce qu’il fait tant bien que mal.

On crée des grands projets mal ficelés qui vont stimuler l’emploi et la croissance à court terme. Dans un premier temps, ils vont bénéficier de l’engouement du public : on espère que cela marchera assez pour aller jusqu’à la réélection. 

Puis vient irrémédiablement le temps des réalités : trop cher, inutile, passé de mode… délétère même souvent. 

D’abord on nie, on s’offusque jusqu’au jour où l’on arrête tout, puis on renfloue, on recommence… Et à la fin c’est le fiasco. L’argent gaspillé par milliards. Quelques personnes honteusement enrichies contre des millions qui paient facture sur facture. 

On commence un peu plus riche pour finir beaucoup plus pauvre.

C’est ainsi que fonctionnait l’URSS.

Les cycles cmmunistes sont ceux des grands travaux

Les soviétique ont lancé un mega-barrage dans les années 1950, à Krasnoïarsk. Aujourd’hui encore, il est le 2e plus grand barrage de Russie… Il est finalement terminé 16 ans plus tard, mais Krasnoïarsk est en Sibérie et personne n’a besoin de tant d’électricité là-bas. 

Stupeur. 

On noie le problème dans un rapport encore plus ennuyeux que les milliards de mètres cubes d’eau stockés inutilement derrière le colosse de béton et d’acier. 

On y mettra finalement, au bout de 20 ans, une mega-usine d’aluminium qui consomme aujourd’hui 85% de l’électricité du barrage. 

Il n’y a aucun sens à mettre une usine d’aluminium en Sibérie, loin des industries et centres de production… Ils ont dû en faire une tête les ouvriers de Rusal quand on les a envoyé en Sibérie s’occuper de l’usine. Habituellement, on y met plutôt les bagnes et les goulags.

Cela m’avait l’air risible dans les livres d’histoires de mes études… Mais c’est malheureusement le chemin que nous prenons.

On taxe Emmanuel Macron de libéral, d’après son discours… Je crois pour ma part que c’est tout le contraire, c’est un apparatchik qui nous emmène un peu plus loin dans l’univers communiste où l’État contrôle toujours plus l’économie et où les cycles capitalistes sont en train d’être remplacés par des cycles soviétiques de grands travaux aussi ruineux qu’inutiles… 

Sauf qu’avec le président Macron vous avez le chômage en plus… Il ne suffit pas de formules incantatoires et de sucrage de fraises pour faire baisser le chômage, mais cela c’est ma lettre de demain.

Sans oublier la prochaine étape de la soviétisation de nos économies : la monnaie. À force de dépenser sans compter, un jour vous vous réveillerez et vos euros se seront transformés en roubles. Alors peut-être comprendra-t-on vraiment l’intérêt d’une monnaie comme le Bitcoin.

À votre bonne fortune, 

Olivier Perrin

Sources :

[1] http://www.lemonde.fr/automobile/article/2016/10/26/pollution-apres-le-diesel-les-moteurs-a-essence-au-c-ur-d-une-nouvelle-bataille-europeenne_5020540_1654940.html

[1 bis] http://www.automobile-propre.com/particules-fines-diesel-meilleur-essence/

[2] http://www.lefigaro.fr/secteur/high-tech/2017/02/18/32001-20170218ARTFIG00006-la-5g-en-cinq-points-cles.php

[3] http://bfmbusiness.bfmtv.com/entreprise/pourquoi-les-finances-d-edf-sont-elles-si-mal-en-point-1102214.html





Une réponse à “Du capitalisme au communisme”

  1. Zigalian dit :

    Super article 😉

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