L’Argent ne fait pas le bonheur, il fait l’abondance

S’il n’y avait pas d’argent vous seriez à cultiver votre potager dans une campagne reculée.

Vous auriez de mauvais outils, de mauvais vêtements, une mauvaise maison. Vous auriez tout fabriqué vous-même à partir de rien ou presque.

L’argent, c’est ce qui permet au dentiste de changer les caries traitées en baguettes de pain, au boulanger le nombre de baguettes vendues en voitures, à l’ouvrier automobile, le nombre de boulons serrés en tranches de jambon…

L’argent ne crée pas la richesse.

C’est le dentiste, le boulanger, l’ouvrier qui créent la richesse.

L’argent, lui, organise la richesse :

  • Il la compte et permet de comparer — Le boulanger sait qu’il doit vendre 5 baguette à 1€ pour s’acheter un steak à 5€—,
  • Il la stocke afin que l’agriculteur qui a vendu sa récolte de blé à la fin de l’été puisse dépenser le fruit de son travail au printemps s’il le souhaite;
  • Il permet les échanges, la concentration et la circulation de la richesse.

C’est l’argent qui permet d’organiser de vastes territoires cohérents où :

  • Chacun se spécialise dans ce qu’il fait le mieux et ;
  • La société établit combien elle est prête à « payer » pour un bien ou un service.

En permettant cette spécialisation, l’argent contribue au passage des sociétés de subsistance aux sociétés d’abondance. Et je ne parle pas du dernier smartphone à la mode mais de la facilité à se loger, se nourrir, se chauffer, se déplacer…

Inversement, quand l’argent disparaît, les sociétés repassent brutalement de l’abondance à la subsistance.

C’est ce qui s’est passé en France durant la seconde guerre mondiale, en Argentine au tournant des années 2000, au Brésil dans les années 1980 et de manière plus lointaine et durable lors de la chute de Rome au Ve siècle.

Bien sûr l’argent n’est pas la cause de ses mouvements, c’est un symptôme de la santé des sociétés.

Prenez l’exemple de Felipe, Brésilien qui a vécu la longue période d’hyper-inflation qu’a traversé le Brésil de 1984 à 1994. Felipe était adolescent à l’époque. Il m’a raconté qu’ils avaient deux réfrigérateurs à la maison alors que c’était un objet très luxueux à l’époque, qui valait le prix d’une petite voiture aujourd’hui. Ils s’étaient privés pour les acheter afin de stocker la nourriture.

Son père était ingénieur, cadre supérieur dans une entreprise pétrolière. Il recevait son salaire en liquide 2 fois par mois. À chaque paie, il se ruait sur le téléphone pour appeler la mère de Felipe qui venait immédiatement chercher l’argent au bureau puis courait au supermarché dépenser toute la paie avant que les prix n’augmentent. Il fallait régulièrement faire la course avec les employés du supermarché pour attraper les produits avant qu’ils ne changent l’étiquette pour un nouveaux prix plus élevé.

Dans ces conditions, impossible de mettre de l’argent de côté pour acheter une maison ou ne serait-ce que pour partir en voyage ou s’offrir un beau vêtement. C’est quelque chose de très palpable l’économie de subsistance pour ceux qui l’ont connue. Cela ne veut pas dire qu’on est malheureux, mais un nombre incroyable de choses qui vous paraissent absolument évidents deviennent impossibles.

Cela arrive quand la monnaie disparaît.

Malheureusement nous avons perdu cette mémoire. Nous n’accordons plus d’importance à la valeur et la stabilité de notre monnaie.

À votre bonne fortune,

Olivier Perrin

« PS : Si vous ne me connaissez pas, je suis Olivier Perrin, le Vaillant Petit Économiste. À partir d’aujourd’hui, je vous dire tous ces petits secrets que les banquiers, journalistes et politiques VUS À LA TV vous cachent soigneusement.

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